3- PS ARGUMENTATION dans le récit 1914-1918 CONCLUSION de séquence

problématique
Comment les témoins de la « Grande Guerre » ont-ils fait pour rendre, par l’écriture, la violence de ce qu’ils avaient vécu ?

Les auteurs (romanciers, scénaristes, témoins par leurs lettres… peintre) ont mis en oeuvre différents procédés pour restituer la violence inouïe des champs de bataille et des tranchées de 1914-1918.
Ces procédés ont touché le style, son expressivité, mais aussi la place du narrateur, sa présence dans le récit.

Otto DIX La Guerre Détail Otto Dix, Válka/Der Krieg (Triptychon), detail z pravého panelu 1929/32, Galerie Neue Meister © VG-Bildkunst Bonn, 2014

Otto Dix, Válka/Der Krieg (Triptychon), detail z pravého panelu 1929/32,
Galerie Neue Meister © VG-Bildkunst Bonn, 2014

Parfois, c’est un nombre important, une accumulation de détails réalistes et un lexique précis permettent de visualiser, de se représenter, les scènes vécues (Henri BARBUSSE, extrait du roman Le Feu (1917).
Le narrateur peut également employer des figures de style pour créer des effets : figures de l’analogie (comparaisons, métaphores), figures de construction (répétitions, anaphores…), figures modifiant le rapport au réel (hyperbole) pour intensifier, donner plus de force aux éléments (Henri BARBUSSE, Louis-Ferdinand CELINE, Dalton TRUMBO, Jacques TARDI, Erich M.  REMARQUE)
Les pronoms sujets peuvent impliquer le lecteur (On = nous inclusif Henri BARBUSSE, nous= tous les hommes).
Le narrateur peut se fondre dans le groupe (ON = nous BARBUSSE;mais aussi les ennemis peuvent être identiques aux défenseurs de la patrie (ON = ILS = identiques pour Jacques TARDI).
Le narrateur en JE peut exprimer directement son opinion (Dalton TRUMBO), ou simplement son vécu, ses émotions, il est alors très proche du lecteur (comme Henri DESPEYRIERES par le biais de lettre : le genre épistolaire favorisant l’identification du lecteur au destinataire réel du courrier).
Les pensées du narrateur peuvent être prise en charge par un personnage (Paul Baumer pour REMARQUE) qui dit, entre les passages de récit, son ressenti qui évolue au fur et à mesure des horreurs vécues : « Nous sommes devenus des animaux dangereux« .
Les pensées du narrateur peuvent être exprimées en discours indirect libre par une voix qui appartient au personnage (Bardamu) et à l’auteur (Louis Ferdinand CELINE).
Le texte narratif lui-même (le récit) prenant la forme d’un discours chez CELINE, les niveaux de langue se mêlent (le soutenu côtoie le familier), mais aussi la syntaxe se trouve bouleversée, reproduisant le chaos du vécu des soldats : phrases incomplètes ( Elliptiques, averbales) ou par des phrases emphatiques (inversion  + reprise).

Conclusion
Les textes écrits pour témoigner de la violence extraordinaire de la guerre « industrielle » se sont emparés de la langue et des codes du récit pour les modifier.
Un événement jamais vécu a suscité des formes stylistiques neuves (comme la Nouvelle objectivité, courant auquel appartient O. DIX, et la fusion entre récit et discours de CELINE)

Lecture de prolongement pour le porte-vue d’histoire des arts :http://www.histoire.presse.fr/dossiers/la-guerre/heroisme-et-barbarie-le-tournant-de-1914-1918-01-07-2002-5211

Prolongement : lecture du texte de Daniel MERMET : du témoignage à l’autobiographie « Carmen de Sarajevo » dans Là-bas si j’y suis. (1992)

Ce devant quoi Otto DIX paraît horrifié dans le polyptique « La Guerre »…

 

 

 

 

 

 

 

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