3- Agir dans la cité et HDA Expression écrite Sujet de réflexion « Mon film préféré » Compte rendu (2)

Ce travail a été fait en séquence sur ROMAN XXe s. mais sur une thématique d’histoire des arts, l’analyse filmique.

(L’énoncé de chaque argument sera en gras, les raisonnements surlignés, les exemples en italiques, et l’analyse technique soulignée = ce repérage est à reproduire pour les élèves ayant une remédiation à faire)
Le travail en fichier .pdf (dont avec le surlignage couleur) 3- PS2 EE Chaplin Mon film préféré Compte rendu ARGUMENTATION 2014

Le film Million Dollar Baby, réalisé en 2004 par Clint EASTWOOD, est un drame qui se déroule dans le milieu de la boxe.Il s’agit, pour plusieurs raisons, de « mon film préféré », ce que je vais essayer de montrer en développant plusieurs arguments.

C’est d’abord un film qui m’a plu parce qu’il pose des questions liées aux valeurs morales. [THEME 1]

L’entraîneur de boxe réputé, Frankie Dunn (Clint Eastwood) qui dirige une petite salle de boxe de Los Angeles, et qui va accepter d’entraîner Maggie Fitzgerald, est un homme partagé entre une foi sincère et une incompréhension de certains points théologiques, qui vit donc sa religion avec force et implication.

La morale catholique est faite de bonne volonté et promet la récompense pour ceux qui auront accompli de bonnes œuvres, Frankie se juge lui-même sur les actes qu’il accomplit, non sur des paroles. Le prêtre ne cesse de conseiller à Frankie d’écrire à sa fille pour obtenir la réconciliation. Celui-ci lui dit le faire chaque semaine sans que le prêtre (ou le spectateur) le croie. Puis viennent, comme le châtiment, les lettres retournées par la fille [citation Ciné club de Caen]. Le spectateur voit donc un homme blessé profondément, ce qui donne à l’aide qu’il apporte à Maggie une autre signification. Cette tension quant à la conduite spirituelle à tenir est visible dans le film par l’utilisation qui est faite des lumières : la lutte entre jour et nuit se traduit par les jeux d’obscurité et de clarté. Maggie elle-même ne s’entraîne que la nuit, seul le ring des combats illumine ce récit. C’est bien évidemment cette croyance qui donne toute sa force au geste final que l’entraîneur va accomplir sur la jeune boxeuse. [ARG 1]


Sur le plan des valeurs encore, la famille de Maggie est montrée comme avide d’argent, peu compatissante de ses souffrances de jeune femme paralysée. Cette cupidité est effrayante car elle montre une insensibilité totale à la paralysie de l’héroïne ; elle confirme également les problèmes familiaux de la jeune femme. Une scène suffit à le montrer : à l’hôpital, ses proches s’empressent de lui faire signer son testament. 


Ce sont les jeux de regards, dans un cadrage de demi-ensemble, qui révèlent ici la condamnation de ce geste. Cet épisode prenant place avant la décision d’euthanasie, qui coûte tant moralement à Frankie, elle renforce la notion de « vraie valeur » au delà des liens institués, comme ceux qui lient une famille. [ARG 2]

La question de l’euthanasie quant à elle n’est pas tranchée d’une façon définitive : la douleur insupportable de jeune femme peut expliquer le geste de Frankie (et conforter les personnes favorables à l’euthanasie), mais Frankie essaie bien de convaincre Maggie que la vie est possible sans la réussite visée, même paraplégique, une nouvelle existence, fondée sur l’amour, la relation paternelle retrouvée, serait possible. Échouant à la convaincre, Frankie accède à son souhait de mort, mais il a bien plaidé pour « la vie ». « Clint Eastwood sort du cadre et du film en laissant derrière lui des critiques pantelants, douchés, mais portés par un souffle enthousiaste devant cette « magnifique leçon de vie » (L’Express). La scène montre en effet le seul visage (en contre plongée) aux yeux embués de larmes, puis la main sans le visage quand il introduit le produit létal, sur un fond sombre, de nuit ; puis la sortie de la chambre crée une coupure (au noir), l’entraîneur est vu de dos, seul, dans un cadre d’ensemble, partant. Il ne reviendra plus à la salle de sport. C’est Eddie Scrap, l’ami boxeur, et narrateur du récit, qui conclut cette histoire. [ARG 3]

Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/xmj90n_maggie-s-death-from-million-dollar-baby-2004_shortfilms

Sur le plan des relations entre les personnages [THEME 2], il y a une évolution très sensible sur laquelle repose tout l’enjeu « moral »Frankie est rejeté depuis longtemps par sa fille, il s’est peu à peu replié sur lui-même et vit dans un désert affectif, il évite toute relation qui pourrait accroître sa douleur ou sa culpabilité. Et Maggie, qui a perdu son père, n’est pas à l’aise dans sa famille. pour se protéger, Frankie refuse d’abord de l’entraîner ; mais dès lors qu’il accepte, se noue entre eux une relation d’amour filial. La relation symbolique de père et de fille qui se crée repose sur la seule valeur que Frankie essaie de transmettre à Maggie, qui est celle de la protection. Plusieurs scènes montrent, peu à peu, comment l’attention bourrue de l’entraîneur, se charge d’affection. Par exemple, quand Maggie s’est fait casser le nez : à l’hôpital, elle se lève pour accompagner l’infirmière. Frankie se lève aussi en disant « I’ll be right here » (« Je t’attends »). Scrap reste quant à lui assis. Frankie s’est « trahi » : il a montré qu’il se souciait de Maggie bien qu’il fasse semblant de lire son livre de Yeats. (Scrap lui demandera d’ailleurs immédiatement après : « Comment vas-tu ? — Moi ? Je ne suis pas le blessé ! » répondra Frankie). Ou bien, quand Frankie révèle, au moment de la mort, la signification du surnom Mo Chuisie :  en irlandais, « my darling, and my blood ». « L’amour filial est évoqué dans le film c’est par un plan très minutieusement mis en scène. Celui de la petite fille au chien dans la cabine du pick-up. La caméra, qui a saisi de face Maggie dans la station service, panote vers la gauche pour saisir Maggie dans l’encadrement des deux pompes à essence. Elle tourne la tête et salue la petite fille qui, dans le contre-champ lui renvoie son sourire. L’image de l’enfance heureuse, comme encadrée, qui est proposée là est celle d’un monde privilégié où le combat n’a nulle part. Monde simple, lorsqu’il n’est pas dévoyé par la misère, ce monde ne saurait être celui des adultes qui repose sur la technique et le savoir-faire dont pourtant Eastwood nous montre ici la vanité. » [Ciné club de Caen]

Enfin, on peut aussi aimer le film pour son mode de narration. [THEME 3]

En effet, c’est une voix off qui assure l’intégralité du récit, celle d’Eddie Scrap, ami et ancien boxeur, qui dirige la salle de sport avec Frankie. Les intérêts de cette voix off sont nombreux.

« On constate facilement que Million Dollar Baby est un film où la parole joue un rôle essentiel. C’est le cas bien sûr des interventions de la voix off, celle de Scrap qui accompagne une grande partie du film. Cette voix off se fait cependant facilement oublier, même si elle apporte à plusieurs reprises des informations essentielles. C’est ainsi notamment qu’à la fin du film, l’on comprendra que Scrap (qui parle en voix off) s’adresse en fait à la fille de Frankie. De façon générale, la voix sourde de Scrap donne une tonalité mélancolique au film par la gravité de ses propos sur la nature même de la boxe

Par ailleurs, à l’observation, on remarque que la parole est un moteur essentiel dans pratiquement toutes les séquences : les personnages s’affrontent, les personnages s’esquivent, les personnages évoluent, mais tout cela passe essentiellement par la parole.

Un exemple parmi bien d’autres : à la salle de boxe, Shawrelle « attaque » Maggie en s’en prenant à son physique et à ses seins peu développés, mais la jeune femme « l’envoie au tapis » par une réplique humoristique où elle rappelle que lors de son dernier combat, qu’il s’est retrouvé cloué au sol « comme si la toile avait des nichons ». Si des gestes et des attitudes accompagnent les paroles, le « combat » est on le voit purement verbal (ce qui peut presque paraître paradoxal dans un film sur la boxe). Ces répliques et bien d’autres révèlent combien Million Dollar Baby est un film « écrit », qui a nécessité un important travail de rédaction, notamment pour donner un aspect spontané ou « naturel » à ces dialogues qui fusent comme des tirs de mitraillette.

La seule action que l’on peut qualifier de décisive réside sans doute dans le dernier combat de Maggie où son adversaire, par sa traîtrise, brise le cours de sa vie. Dans toutes les autres séquences, le moteur de l’action réside dans les paroles échangées entre les personnages. » [http://clintlalegende.fr/million_dollar_analyse.html]

[Conclusion : fermeture – ouverture]

Pour ces raisons essentiellement, ce film m’a paru le plus intéressant parmi ceux que j’ai vus.Clint EASTWOOD est un metteur en scène qui aborde des thématiques très fortes, sur les questions de l’histoire ou des relations humaines contemporaines : j’aurais pu également défendre Invictus ou Mémoires de nos pères / Lettres d’iwo Jima.

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