3- PS ROMAN XXe STEINBECK Des Souris et des hommes (1937) Conclusion de Période séquentielle

Problématique
Comment restituer une situation sociale difficile de façon à sensibiliser le lecteur ?

Gary Sinise, Des souris et des hommes, George et Lennie-2

Gary SINISE Des souris et des hommes, George et Lennie (Gary Sinise, John Malkovich) (1992)

 Nous avons pu voir grâce aux différentes lectures faites que STEINBECK multiplie les moyens narratifs et stylistiques pour impliquer le lecteur dans le récit.
Il vise en tout premier plan à restituer un univers réaliste.
– par l’inscription de personnages dans un paysage (très présent, même évoqué en quelques lignes, avant et après la lecture 1)
– par un rôle primordial accordé aux dialogues,  beaucoup d’expressivité (notations sur l’expression des tons, des gestes)
– par la focalisation externe (Expression des regards, pas de choix d’un point de vue unique, ou duel, privilégié)
– par la polyphonie, l’expression de voix, de pensées, de personnes différentes.

Stylistiquement, il travaille également sa prose pour donner à voir un monde précis
– par le choix d’une restitution proche du réel des niveaux de langue, dialogues écrits avec des effets d’authenticité par le lexique et la syntaxe populaires.
– par l’absence de commentaires du narrateur (comme dans le roman du XIXe), valorisant ou dévalorisant, ou même exprimant des valeurs ou des pensées.
– par une modalisation discrète qui attise l’empathie du lecteur.
– par des figures, rares mais d’autant plus efficaces (animalisation).

Cette restitution d’un monde ne peut pas ne pas évoquer un mode d’écriture visuelle (Théâtre, scénario), c’est-à-dire une transformation du récit (qui raconte) en scène (qui montre).

Cette « théâtralisation » est également très sensible dans la construction du récit en 5 actes

La dernière LECTURE (6), scène finale entre les deux amis, est particulièrement révélatrice de cette dimension.

Les élèves ont proposé en analyse :
– Une animalisation (lexique) dans cette situation de « mise à mort ». L’inconscience de Lennie de sa propre mort.
– une reprise, une répétition du motif « des lapins », une dernière représentation de cette « scène » que les deux hommes connaissent chacun « par coeur ».
– L’expression des émotions de George, son testament affectif, dans quelques mots à double sens
– un écart entre deux niveaux d’énonciation : ce que Lennie sait et sent, ce que le spectateur voit. Il s’agit ci exactement d’une double énonciation.

Cette dramatisation du récit, ajoutée à son grand réalisme, contribue donc à une perception sensible par le lecteur de cette situation sociale difficile. Avec des moyens très modernes, c’est bien une empathie profonde pour les personnages marginaux qui est construite entre l’auteur et le lecteur / spectateur.

Steinbeck Tout le ciné.com des-souris-et-des-hommes-05-g

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