PS ARGUMENTATION dans le récit Prolongements EPISTOLAIRE Les Lettres de Poilus J. GUENO (1998) Réponses

Paroles de Poilus (1914-1918) Lettres rassemblées par Jean-Pierre GUENO (1998)

Lecture cursive du recueil et analyse de l’argumentation dans le recueil : temps et durée, énonciation, niveaux de langue

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Illustration Un long Dimanche de fiançailles JEUNET (2004)

p. 11 MAURICE M. Énoncé ancré, le narrateur montre sa vision de la guerre ; pourtant on a l’impression que l’observateur est extérieur. Il fait parler une cathédrale (prosopopée) qui exprime sa beauté (dialogue imaginaire avec la foi). Le registre est soutenu : « Je suis la gloire, je suis la foi, je suis la France. » Retour en arrière « hier matin… » puis récit chronologique. Sommaire pour passer des événements secondaires.Sentiment de fierté et de nostalgie.
p. 14 HENRI Énoncé ancré (JE) aucun passage coupé. Lexique familier « Putain de guerre !  » pour exprimer sa colère vis-à-vis des bourgeois. Mais aussi registre soutenu « les mille douleurs de celui qui la porte. » PAUSE descriptive pour décrire une jolie fille rencontrée sur le bord de la route, elle acclame les soldats ce qui les encourage.
p. 21-25 MAURICE A. Énoncé ancré, coupé quand le récit se tourne vers les autres (Le sergent… les soldats…) Dialogues, ce  sont des paroles entendues, rapportées : plus vivants, effet de réel « Ils me font pitié, je n’ose pas les réveiller. » Présent : « …chacun des trois lieutenants tombent frappés mortellement à la tête », c’est un présent de NARRATION.
Il exprime son opinion, c’est une opinion très critique, mais il admire l’héroïsme.
p. 61 FLORILÈGE d’automne (morceaux choisis dans les lettres écrites en automne) Maurice, niveau de langue soutenu : descriptif, paysage (détrempe, voilé). Il emploie le présent de DESCRIPTION. Pas de dialogue non plus.
BARRES a eu et a su exprimer… Emploi du Passé composé pour exprimer l’antériorité par rapport au présent d’énonciation.
p. 27-31 DÉSIRÉ Énoncé ancré, évoque essentiellement ce qui lui arrive, ce qu’il ressent, il est blessé ; passage en IL, énoncé coupé : le récit du compagnon. Scènes : la bataille. Il y a aussi des ellipses « vers deux heures de l’après-midi ». Texte descriptif, présent de description. Passé composé : antériorité. Image arrêtée, alors qu’il est blessé. Pas d’analepse, ni de prolepse, le soldat est concentré sur son présent.
3-Poilus-1914-1918.jpgp. 52-53 RAOUL Registre de langue courant, le narrateur a à peine vingt ans. Énoncé ancré : « je cours, nous déblayons », la cagna (petite construction pour se protéger, argot militaire mais non vulgaire). Dialogue avec un homme enterré qu’il essaie de sortir de la terre, donne de l’espoir. « Dépêchez-vous, je meurs, j’étouffe ». Tout est au présent : présent HISTORIQUE. Répétition, « c’est profond », accentue l’anxiété. C’est une scène, il n’y pas de pause descriptive. Il veut montrer et dénoncer l’horreur de la guerre : en la faisant presque au moment de son déroulement, ainsi que par l’accumulation des détails.
p. 56-60 ÉTIENNE Registre de langue soutenu, c’est un philosophe de formation. Énoncé ancré tout le long de la lettre, le « tu » est remarquable car il s’adresse à son père qu’il imagine. Lettre 2. Énoncé davantage coupé,puis alternance description, exposé des sentiments. Répétition : le mot « dormir », c’est un obsession du soldat (pour s’échapper en pensée parce qu’ils ont faim. Parce qu’ils sont empêchés de dormir par le bruit. Opposition très marquée entre réel horrible et évocation bien heureuse de la famille.
p. 115-118 MARIN Répétitions par rapport au prénom de sa fille née sans lui. Prolepse : « Je ne dormirai pas cette nuit », c’est la joie de la naissance de sa fille, le fait qu’il ne la voie pas avant plusieurs mois.
p. 69-70 CHRISTIAN Énoncé ancré, « nous » : les soldats, « ton » : Anna, sa femme, ou sa compagne.Pas de dialogue, le narrateur s’approprie toute l’histoire. Il raconte sa vie dans la tranchée. Il y a un sommaire qui résume sa vie dans les tranchées (« deux fois par jour de la soupe aux pois avec de la couenne de lard. »). Il respecte l’ordre chronologique, tout se suit, pas de retour en arrière, comme un emploi du temps. Discours explicatif. Niveau de langue courant et familier « crasse ». Présent de description. Imparfait d’HABITUDE « nous nous asseyions par terre. »
p. 71-72 PIERRE Énoncé ancré. J’ai reçu votre colis, à ses parents. Vouvoie ses parents parce qu’il s’adresse aux deux ensemble. Pas de dialogue, le narrateur s’approprie toute l’histoire, il généralise. Il y a un sommaire : résumé de ce qu’il fait dans les tranchées.
p. 77 AIME Récit nettement coupé : visite du général dans les tranchées (Temps PS). Niveau de langue soutenu (« Il a dû les méduser ») reproduisant les questions posées aux poilus. Fin de la lettre, l’énoncé est ancré, pour critiquer « ce dont je doute… » Il emploie le PC pour rendre un passé proche (« Clemenceau est venu. »)
p. 80-82 MAURICE D. 23 ans, blessé de son lit d’hôpital. A sa femme, énoncé ancré, « Je ne veux pas qu’il meure » imagine-t-il, dit par sa femme. Discours descriptif PRÉSENT IMPARFAIT « C’était l’éparpillement macabre du cimetière… » « des champs livides, des cieux funèbres… » FUTUR pour une prolepse « Me pardonneras-tu ? ». Niveau de langue soutenu. Imparfait Passages argumentatifs : sa situation. Un retour en arrière pour évoquer un souvenir personnel. Le but de la lettre est de soulager un peu sa peine.
p. 84-86 JEAN B. Énoncé coupé pour le récit de l’attaque, ce n’est pas une lettre, c’est un extrait de La Faiblesse du guerrier. Aucune parole rapportée. Mais le narrateur s’adresse au poilu « en général », c’est un présent de GENERALISATION. Pas de lien logique entre les phrases, Ellipse entre le combat et le procès. Prolepse : ce que sa femme devra faire quand il aura été fusillé. Exprime nettement son opinion, trouvant son sort injuste.
p. 99-100 ETIENNE Énoncé coupé « Il y a une certaine forme de cafard… » GENERALISATION. Il emploie des mots savants, un registre soutenu « physiologique… », il est philosophe de formation. Mais quand il argumente contre la guerre, il devient familier « c’est emmerdant à la fin ». Il raconte ce que les autres font, sans les faire parler. Il emploie le PC, parce que les événements sont récents, en rapport avec son présent. Le récit est  rétrospectif et chronologique. chronologique.
p. 113-114 JEAN G. Énoncé coupé, c’est un récit de la vie, comportement des poilus. Pas de dialogue. Niveau de langue familier parfois « étripé, salaud !  » pour évoquer la violence de la guerre et montrer que les hommes ne sont pas des héros de marbre.Il argumente contre l’inutilité de la guerre.
p. 120 FLORILEGE du Printemps Lettre d’Edmond : énoncé coupé, explication de ce qu’est un poilu. P. 122 Jacques, sans doute un soldat qui n’a pas du tout étudié ; montre la variété des niveaux sociaux ; sentiment « la gaire est triste« .
Dans la lettre de Henri, accélération (prolepse) il pense au lendemain, il risque de mourir ; « Peut-être que bientôt je lirai pour la dernière fois un livre d’amour passionné »
p. 129-130 MARCEL Journal de guerre, énoncé en JE. Discours descriptif, déclaration d’amour ; il veut faire ressentir des émotions. Il exprime son besoin d’amour, dans un poème rimé dans un présent d’énonciation.
p. 131-135 MAURICE D. Registre de langue très soutenu. Présent HISTORIQUE. Discours descriptif, Présent « le fracas est terrible ». Pas d’ellipse, ni de raccourci, pas de retour en arrière. PRÉSENT constant, intemporel, pour exprimer des sentiments (« Mets tes bras autour de mon cou. »)
p. 148-150 TAFEL Énoncé ancré, sauf dans l’évocation de sa femme à certain moment « je voyais la femme ». Comparaisons, niveau de langue très soutenu. Il fait des retours en arrière, pour un récit rétrospectif, prolepse : il imagine son avenir.
p. 158-162 RENÉ Récit d’un combat à son oncle. Énoncé ancré, il vouvoie son oncle. Niveau de langue soutenu : « milliers de prisonniers boueux, terreux, affreux… »? Le peu de phrases prononcées sont reproduites : « En arrière, vite, nous sommes pris. ». Il veut exprimer des émotions : « C’est horrible. Je vomis… »
p. 164-166 FRANÇOIS Énumération de tous ses biens précieux, qu’il confie à sa femme (futur du testament). Emploi du SUBJONCTIF pour exprimer le doute.

 

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