3- BREVET BLANC Français Session 2016 Hampaté BÂ Expression écrite : Sujet de réflexion (Sujet 2 DNB) Éléments de correction

Sujet 2 la-statue-baoule pierre-olivier-deschamps-agence-vu
Dans le texte, le Blanc-Blanc avec son costume colonial inquiète l’enfant africain qui l’aperçoit pour la première fois.
Pensez-vous que les différences d’opinions, physiques ou culturelles soient à redouter ? Ne seraient-elles pas plutôt source d’enrichissement mutuel ?
Vous développerez votre réflexion en vous appuyant sur des exemples précis tirés de vos lectures, de films ou des manifestations auxquelles vous avez assisté.

Votre texte fera au moins deux pages.

Analyse du sujet

Le sujet invite clairement à une réponse nuancée, en deux parties (thèse / antithèse) : « Ne seraient-elles pas plutôt« .
Il est important dans un sujet de réflexion de présenter une opinion nuancée et argumentée, non pas une suite de « il faut, on doit » prêchant une conduite idéale, et irréaliste…

Un argument est un élément de réflexion développé qui supporte une opinion. Il peut se développer suivant différents modèles. Après la lecture de Christophe PLANTIN, L’Argumentation (2000), j’ai proposé, pour un argument de « raison », un développement en 4 ou 5 parties (ERIC) :

– Énoncer son idée
– Raisonner = développer = dire pourquoi ? pour quelles raisons on peut affirmer ce qui vient d’être affirmé.
– Illustrer par un exemple
(- Analyser l’exemple : donner sa nature – témoignage, citation, anecdote – outil de la langue) et dire en quoi il valide l’idée)
– Conclure
Chaque partie doit comporter au moins deux arguments.

pour trouver des idées, élargir sa réflexion, il a été proposé dans les pages MÉTHODOLOGIE de « convoquer » des interlocuteurs variés qui permettent d’ouvrir la réflexion, de sortir de son seul jugement…
Methodologie-Sujet-Reflexion-2-DNB.jpg

Mise en application avec ce sujet

Élargir sa réflexion, c’est dépasser (surtout pour un sujet « délicat » comme celui-ci, car il pouvait donner lieu à des maladresses sur les croyances, les cultures « appréciables malgré… ») les « Je pense que », pour regarder autour de soi, ans les médias etc. comment sont vécues ces différences.

Thèse AInquiétudes, peurs… vis-à-vis des différences Thèse B (positive, donc 2e)
Différences comme enrichissement mutuel
Inquiétude des jeunes gens, mais aussi des adultes, de ne pas correspondre physiquement aux modèles physiques, aux « canons » (terme savant, et non familier) de la beauté de l’époque. Combien de jeunes filles, de jeunes femmes se trouvent trop grosses ! Combien de jeunes gens, de jeunes hommes, trop menus !
Par exemple, les clichés véhiculés par les médias montrent comme des modèles des femmes très maigres (les modèles dits « anorexiques », et que la loi prévoit d’interdire) ; les « stars » remodelées par la chirurgie esthétique ou par l’outilPhotoshop, car le modèle diffusé en fait… n’existe pas.[On peut bien sûr ici approfondir la réflexion en évoquant le rejet du handicap ; et en partie 2, les lois favorisant au contraire l’intégration des personnes handicapées ; ou le succès croissant des jeux paralympiques : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeux_paralympiques%5D
Alors que dans la « vie réelle », la moindre discussion entre deux adolescent(e)s montrera rapidement que l’un trouve celle-ci « parfaite », quand celui-là ne jure que par cette autre, « aussi parfaite ». Les goûts, les sensibilités dessinent des sentiments, et des jugements beaucoup plus riches et nuancés que ce que les poncifs publicitaires voudraient nous faire croire.
Nous connaissons tous telle jeune fille ronde, absolument ravissante, joyeuse, exubérante… tel jeune homme, fin ou frêle, qui vit très bien son apparence. Reflets de la multiplicité, de l’infinie variété des formes humaines, les formes physiques ne peuvent être la caricature qui en est parfois faite.
Et si des disparités de force, de finesse, de souplesse, de dynamisme sont avérées, et bien prises en compte, par exemple, dans les évaluations personnalités en EPS, elles font, par leur complémentarité, les qualités d’une équipe !
Quant aux différences culturelles, comme les croyances religieuses, elles se trouvent peut-être mises en opposition, car exacerbées par le besoin de se construire une identité dans un univers mondialisé.
L’oubli, la dissolution des traditions locales dans des pratiques sans histoire, sans lien avec les sensibilités, le « placage » d’une modernité effrénée, par l’influence des médias encore, peut susciter des réactions de repli sur des valeurs traditionnelles, par inquiétude, par souci de se protéger d’un déferlement de modernité trop soudain.Par exemple, le regain d’intérêt pour le mariage ? le choix de croyances religieuses traditionnelles « austères » contre l’excès de libéralisation des moeurs ?…[On peut approfondir cette partie en mentionnant la place de la femme dans de nombreuses sociétés sexistes : les exemples ne manquent pas ; et dans la partie 2, les efforts faits pour la parité, par exemple dans les élections départementales en France][On peut approfondir cette parie en faisant référence aux guerres, luttes, tensions religieuses… mais le sujet est difficile car il demande un équilibre subtil dans le lexique pour énoncer, pour ne pas juger à la va-vite des conflits bien complexes]
Si les voyages sont évidemment une source inépuisable de richesses (quand on sait regarder et dépasser l’objectif de son confort personnel-occidentalisé), un simple débat au sein d’une classe, ou d’une groupe d’amis révélera vite des disparités d’opinions, de croyances, de valeurs même.Qui n’a pas découvert avec un étonnement, se changeant en intérêt accru, en admiration peut-être, les croyances, ou les valeurs d’une personne jusque là mal connue, ou mal comprise ?
Lorsque en classe, par exemple, certains élèves expliquent pourquoi il voudrait exercer telle profession, on découvre parfois des « principes » forts, un désir de »vertu » qui pourrait dérouter ou bien… porter à réfléchir. De la même manière, lorsque des adultes sont interrogés sur leurs choix de vie…
Dans le domaine des goûts ou des opinions, les réseaux sociaux construisent des communautés par centres d’intérêt, ce qui est évidemment très confortable et rassurant dans un cyber-espace de plus en plus vaste, en expansion… Mais ces replis, ces conversations fermées, des mêmes aux mêmes, sont aussi la manifestation d’un rejet.
L’appartenance à un univers musical, par exemple, au détriment de toute communication avec les « étrangers », vus comme des égarés, perdus loin de la seule vérité culturelle : la mienne et celle de mes « amis ».
Ce qui vaut pour des valeurs ou des croyances que l’on peut apprécier sans les partager est encore plus vrai pour les goûts ou les opinions, qui peuvent plus aisément être adoptés, et enrichir, élargir notre univers culturel.
Apprendre à écouter les arguments (forcément enflammés) de tel fervent défenseur du reggae ou du rap, du football ou du rugby, de Dragon Ball Z ou de Saint Seiya, de telle langue ou de telle autre… demande un peu de patience, d’ouverture d’esprit, ou de curiosité… Mais qui n’a jamais changé d’avis ? Et avec quel plaisir, une fois que ce qui était « étranger » devient nôtre ! On se sent souvent d’autant plus riche que l’on a longtemps résisté…
Celles-ci sont de modestes « ouvertures d’esprit », mais elles assouplissent les convictions trop ancrées et habituent à l’évolution de la pensée.Permettre à ses goûts en matière de musique, de films, de cuisine même… de se transformer, c’est se donner le droit d’accueillir avec sympathie ce qui vient de l’étranger, et que l’on croyait ne jamais pouvoir aimer.

En conclusion, on peut élever un peu la réflexion qui est resté, dans cette proposition très près des exemples vécus au quotidien, pour affirmer des valeurs de solidarité [lien social d’engagement et de dépendance réciproques entre des personnes ainsi tenues à l’endroit des autres], l’importance pour une société d’intégrer, de mettre en relation les différences qui sont constitutives de toute société démocratique, comme de tout groupe humain…

Les joueurs suisses célèbrent un but contre l'Équateur, le 15 juin 2014 à Brasilia. REUTERS/Paul Hanna.

« Chez le prochain adversaire des Bleus, l’entraîneur est allemand, son adjoint romand, le capitaine un immigré turc et les buteurs originaires des Balkans.

Dans un cas comme dans l’autre, la «Nati» était presque monolithique et unilingue. Bien loin de la cosmopolite liste des 23 joueurs emmenés par Ottmar Hitzfeld au Brésil, multi-ethnique, colorée et –coïncidence?– meilleure que jamais: après avoir remporté son premier match face à l’Équateur (2-1), elle tentera de faire un grand pas vers la qualification contre la France … »

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