4- La Ville G. SIMENON Le Chien jaune (1931) LECTURE 4 « Sous les yeux du commissaire »

Lecture méthodique de l’extrait du manuel Le Robert pp. 256-257

En relation avec le thème, la problématique et l’extrait, nous étudions le point de vue dans le récit.

Concarneau Jetée de la Croix

Concarneau Jetée de la Croix

 

Texte

Sous les yeux du commissaire, la place était encombrée par le marché hebdomadaire. Mais on devinait que ce marché n’avait pas son animation habituelle. Les gens parlaient bas. Des paysans semblaient inquiets des nouvelles qu’ils apprenaient.
Sur le terre-plein, il y avait une cinquantaine d’étals,avec des mottes de beurre, des œufs, des légumes, des bretelles et des bas de soie. A droite, des carrioles de tous modèles stationnaient et l’ensemble était dominé par le glissement ailé des coiffes blanches aux larges dentelles.
Maigret ne s’aperçut qu’il se passait quelque chose qu’en voyant toute une portion du marché changer de physionomie, les gens s’agglutiner et regarder dans une même direction. La fenêtre était fermée. Il n’entendait pas les bruits, ou plutôt ce n’était qu’une rumeur confuse qui lui parvenait.

Il chercha plus loin. Au port, quelques pêcheurs chargeaient des paniers vides et des filets dans les barques. Mais ils s’immobilisaient soudain, faisaient la haie au passage des deux agents de police de la ville qui conduisaient un prisonnier vers la mairie.

Un des policiers était tout jeune, imberbe. Son visage était pétri de naïveté. L’autre portait de fortes
moustaches acajou, et d’épais sourcils parvenaient presque à lui donner un air terrible.
Au marché, les discussions avaient cessé. On regardait les trois hommes qui s’avançaient. On se montrait les menottes serrant les poignets du malfaiteur.
Un colosse ! Il marchait penché en avant, ce qui faisait paraître ses épaules deux fois plus larges. Il traînait les pieds dans la boue et c’était lui qui semblait tirer les agents en remorque.
Il portait un vieux veston quelconque. Sa tête nue était plantée de cheveux drus, très courts et très bruns.
Le journaliste courait dans l’escalier, ébranlait une porte, criait à son photographe endormi :
— Benoît !… Benoît !… Vite !… Debout… Un cliché épatant…
Il ne croyait pas si bien dire. Car, pendant que Maigret effaçait les dernières traces de savon sur ses joues et cherchait son veston, sans quitter la place des yeux, il se passa un événement vraiment extraordinaire.
La foule n’avait pas tardé à se resserrer autour des agents et du prisonnier. Brusquement celui-ci, qui devait guetter depuis longtemps l’occasion, donna une violente secousse à ses deux poignets.
De loin, le commissaire vit les piteux bouts de chaîne qui pendaient aux mains des policiers. Et l’homme fonçait sur le public. Une femme roula par terre. Des gens s’enfuirent. Personne n’était revenu de sa stupeur que le prisonnier avait bondi dans une impasse, à vingt mètres de l’Hôtel de l’Amiral, tout à côté de la maison vide dont la boîte aux lettres avait craché une balle de revolver le
vendredi précédent.
Concarneau Port de la Croix

Concarneau Port de la Croix

Questions

D’où l’action est-elle vue ?
Relever tous les éléments qui montrent ce point de vue particulier et restreint.
Pourquoi choisir de raconter cette scène de ce point de vue ?

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