4- Dire l’amour A. de MUSSET Les Caprices de Marianne (1833) LECTURE 1 Acte I Analyse

Problématique

Quelles sont les personnalités qui se révèlent dans ce premier acte, sur le plan de l’intrigue amoureuse ?

Les Enfants du siècle Alfred de MUSSET (Benoît Magimel) Diane KUYRS (1999)

1. Les éléments d’information contenus dans l’acte I

– Relever les informations (texte et didascalies) informant le lecteur / spectateur sur l’époque et le lieu, les espaces de l’intrigue
« La scène est à Naples. »
Ce qui est en partie appuyé par les noms des personnages : CLAUDIO CIUTA (de Civetta, la chouette) TIBIA (flûte, pour les latinistes) COELIO, cependant Octave et Marianne sont des noms français.
Ces noms cependant viennent plus certainement du théâtre de SHAKESPEARE (cf  Brice COURTIN, l’Oeuvre en examen) de comédies.
Naples crée un « ailleurs » exotique, mais l’Italie est présente dans le récit avec la vengeance du mari et le le spadassin est  » Empr. à l’ital.spadaccino « celui qui met facilement la main à l’épée » C’est d’abord un garde personnel, puis un homme de main, un tueur à gages.
Dans le texte, les mentions de :
carnaval (premier sens wallon) puis Empr. à l’ital. carnevalo,du lat. médiév. carnelevare composé de carne « viande » et de levare soit au sens d’« ôter », pour soutenir le jeûne, Période qui précède le Carême (de l’Épiphanie au mercredi des cendres) − notamment jours gras (dimanche, lundi et Mardi gras) − durant lesquels se déroulent des réjouissances publiques (mascarades, défilés de chars, batailles de confetti, etc.) (CNRTL-Lexilogos)
sérénade : Empr. à l’ital.serenata, « nuit sereine, temps serein » par extension, est un concert donné pour une personne sous ses fenêtres, la nuit, pour son plaisir, pour la séduire.
Guitare est d’origine espagnole, mais conforte bien l’exotisme, la musique en plein air.
– l’entremetteuse est une personne − généralement une femme − qui sert d’intermédiaire dans une intrigue galante.
– la poterne est une porte piétonne, (ou une porte  » de derrière », porte dérobée ou une voûte).

Le lieu est une place comme dans la comédie classique
l’unité de lieu est cause de l’unité de décor. Ainsi le décor classique d’une tragédie est  «un palais à volonté» et d’une comédie «une place de vile » ou un intérieur stylisé.
Mais cette place est justifiée et n’apparaît pas comme irréaliste, puisqu’il s’agit de rencontrer une jeune femme hors de chez elle, qu’Octave est aussi « hors de chez lui ».

Dans les mises en scène vues en extrait : la place est une imitation stylisée de l’Italie renaissante (Brunelleschi)
http://fresques.ina.fr/en-scenes/fiche-media/Scenes10038/les-caprices-de-marianne.html

http://archieturbanisme.canalblog.com/archives/2014/01/22/28074588.html

– Essayer de dire l’intérêt de ces choix

Ces choix, en déplaçant l’intrigue, lui donnent un caractère idéalisé. Le cadre des comédies italiennes de la Commedia dell’arte peut faire penser à une farce sur l’adultère.

L’intrigue, menée en trois actes précédés d’un prologue est directement inspirée des pièces latines, elle mêle les péripéties les plus mouvementées : poursuite déguisement, bagarres, disparitions, bastonnades, enlèvements et retrouvailles. Les éléments purement dramatiques alternent avec les « ornements » (morceaux « autonomes »). Les personnages incarnent des caractères universels, quasi immuables depuis l’Antiquité : jeune couple d’amoureux, vieillard avare et buté, serviteur rusé, auxquels s’ajoutent les zanni, issus des esclaves de la comédie latine, valets bouffons, fourbes ou balourds. Les textes aussi simples que conventionnels, abondent en grivoiseries, satires politiques et parodies, mêlés d’attaques contre la justice, la police ou l’Académie. D’après G. MONGREDIEN La vie quotidienne des comédiens au temps de Molière1966

Mais l’Italie, c’est aussi un ailleurs « exotique » : « Les pays du sud sont ceux qui fascinent le plus les romantiques et on aurait tort de ne voir là qu’un hasard : ce qu’on cherche là-bas ce sont des moeurs radicalement nouvelles, étranges, aussi peu civilisées que possible. De fait, ce n’est pas seulement le pittoresque qui attire Hugo ou Musset en Espagne, en Italie ou en Afrique du Nord; c’est surtout la sauvagerie qui n’existe plus dans les sociétés trop bien policées où ils ont grandi. D’ailleurs, ce n’est pas tant Madrid ou Rome qui inspire les artistes français du début du XIXe siècle ; ce sont les sorcières de Goya, les eaux troubles de Venise et les cavalcades d’Algérie, autrement dit ce qui est barbare, qui excitent l’imagination des poètes et des peintres. » (Site http://www.poetes.com)

2. Les personnages, ce qui les anime (problèmes, désirs…) et le ton employé pour l’évoquer

– Choisir Coelio ou Octave et dire ce qui le caractérise physiquement (didascalies, texte), moralement, le manque qu’il peut exprimer, son projet d’action éventuel.

Coelio
– « un jeune homme », « figure distinguée », « noble famille » « beau comme le jour » « large habit noir » « éperdument amoureux »
– « amoureux, sans espoir »
– « gracieuse mélancolie », « s’il est triste » « malheureux que je suis » « de ne pas être heureux »
– « manque de repos », « ni poursuivre sa route » « je n’ai plus qu’à mourir »…

Octave
– « ma cousine » (Marianne), « Je n’en ai plus » (argent), »un pied de rouge sur les joues », « un batte d’Arlequin » (déguisé), « cette mascarade »…
– « d’être fou », « Ô fou que tu es », « je suis ivre », »huit jours hors de chez toi », « un danseur de corde (fantômes = créanciers, parents) »

Marianne
– « ma belle dame », « la belle M. » »deux yeux bleus, deux lèvres vermeilles, une robe blanche, deux mains blanches », « la femme du vieux Claudio », « n’a pas d’amants »,
– orgueilleuse, « la plus cruelle de toutes les femmes », « dévote », « un dragon de vertu », « elle aime son mari », « elle ne sort de chez elle que pour aller à la messe », « elle sort du couvent », « elle me déteste » (Octave)

Conclusion de cette partie

Comment le personnage est-il construit au théâtre ? Le personnage dramatique

3.

MUSSET Magimel 2

L’intrigue

– Dire quelles sont les « forces » en présence. Élaborer un schéma actantiel.

Destinateur = Amour, désir (cf LECTURE 2) → SUJET = COELIO→OBJET = MARIANNE→Destinataire = leur bonheur

Adjuvants = Ciuta, Octave  Opposants = Claudio, Tibia, spadassin ?

Conclusion

Un personnage amoureux, entièrement défini par son sentiment, passionné et pourtant retenu, dont la puissance du sentiment fait qu’il ne parvient pas à s’exprimer. Son amour prend la forme d’un rêve, d’un idéal, inaccessible, tant il élève la personne aimée, au dessus du commun des humains.
Un ami, sensible à ce que l’amoureux ressent, sans toutefois pouvoir comprendre, partager, ressentir une telle passion.
Une jeune femme qui suscite la passion, elle-même indifférente, satisfaite, semble-t-il de son sort, de sa situation de femme mariée à un homme beaucoup plus âgé (cf Les mariages forcés chez MOLIERE). On peut admirer sa vertu, mais elle paraît étonnante, quand le personnage du mari est traité à la fois comme violent et comique.
Aucune intrigue nette ne se dessine, à la différence des comédies de MOLIERE, ou des tragédies. Toutes les évolutions sont encore possibles.
Mais une réelle communication entre les personnages de l’amoureux et de la jeune femme semble assez compromise, par l’écart très grand entre leur conception de la vie.

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