THÉÂTRE Y. REZA Le Dieu du carnage (2007) LECTURE 1 « On disait quoi ? » L’exposition Analyse

Extrait étudié de la ligne 1 à la ligne 265

 

Carnage Roman POLANSKI (2010)

Carnage Roman POLANSKI (2010)

Problématique

En quoi cette présentation des personnages, et du conflit, constitue-t-elle dès les premiers, l’expression d’un jugement sur ces personnages ?

  1. Le conflit exposé par les premiers échanges

  • Donner deux indices qui permettent d’identifier ce texte comme étant une pièce de théâtre.
    Les indices qui permettent d’identifier le genre doivent être à la fois formel et prouvés par le sens du texte.
    Le texte n’est constitué que de dialogues ; il n’y a pas de narrateur (attention à ne pas confondre le paratexte des manuels avec  le propos d’un narrateur).
    – Il n’y a donc pas de ponctuation du dialogue inséré dans un récit : deux points guillemets tirets.
    Les (didascalies de) noms de personnage sont écrites avant chaque réplique et suivi(e)s d’un point tiret.
    Les didascalies en italiques, hors du texte des répliques (par des parenthèses, ou leur position avant la répliques, indiquent : les émotions exprimées, les tons, les gestes ; mais aussi les lieux, le décor, le moment etc.
    Enfin le contenu est de l’ordre du conflit, de l’opposition, qui est souvent le moteur de l’intrigue dramatique.
  • Préciser la situation d’énonciation (Où, quand, qui fait / dit quoi ?)
    Qui sont les personnages en présence ? (Détailler les informations connues)
    – Quel est leur sujet de conversation ?
    La question est simple, mais la réponse doit être détaillée pour être pertinente et intéressante.
    Elle doit comporter NOM et prénom des quatre protagonistes, leur âge (quadragénaires), leur relation (mariés), leur lien de parenté (les enfants), leurs métiers (qui sont « caractérisants »).
    Le premier de conversation est un arrangement à l’amiable après le geste violent de Ferdinand qui a frappé Bruno, le fils des Houillé et lui a cassé deux incisives.
    C’est ce relevé de points aisés à remarquer qui va permettre de poursuivre l’étude en 2.

2. Les « forces » en présence

  • Dire quel couple domine et le justifier.
    Alors que c’est le couple qui devrait faire « profil bas », dans l’idée d’une réparation, c’est assez rapidement le couple des REILLE qui domine l’autre.
    – Par leur milieu social (avocat, conseillère en gestion du patrimoine = banquière). Un des métiers au moins est envahissant, par la présence du téléphone.
    – Par l’indifférence affichée d’Alain qui ne participe pas à la conversation.
    Il y a d’autres raisons, pour Alain surtout, de « dominer » qui vont se révéler peu à peu.
    Mais très vite, Alain marque son recul par rapport à la situation : « les enfants… enfin je veux dire le nôtres. » (l. 32), « au moins cela nous permet de découvrir une recette » (l. 200). Annette essaie de mesurer plus précisément la responsabilité de son fils « Et comment avez-vous obtenu le nom de Ferdinand ? « , ceci peut sous-entendre une critique, celle de la dénonciation de Ferdinand par Bruno.
  • Expliquer l’emploi des pronoms « on » entre les lignes 34 et 48
    Ces pronoms montrent que Véronique ne fait pas différence entre les médecins et elle : elle se présente comme si elle était le scientifique qui juge de la situation « On est réservé sur le pronostic. » « On donne une chance au nerf. »
    C’est une autre façon de dominer : elle s’approprie la version scientifique, objective de la situation ; celle qui sait.
    Sur ce point, cela ne concerne que son fils, qui est absent, mais elle va procéder de même pour ce qui est des valeurs éducatives, et vis-à-vis d’autres adultes.

3. Ce qui est « sous entendu »

  • Donner les fonctions des deux répliques longues de Michel (le hamster, lignes 117-126) et de Alain (l’Antril, lignes 86-99)
    Les fonctions des répliques sont les suivantes
    https://lefildelaure.wordpress.com/2015/05/15/4-3-synthese-le-theatre-fonctions-des-dialogues/
    L’une et l’autre servent ici à présenter les caractères des personnages :
    Les caractères des personnages :
    https://lefildelaure.wordpress.com/2015/05/15/4-3-lexique-le-portrait-moral-le-caractere-qualites-defauts/

    On peut alors caractériser Alain comme : malhonnête, manipulateur, immoral, véreux, corrompu… mais aussi indifférent, mal élevé, grossier, impoli, choquant, malappris…
    Mais Michel n’est pas en reste : indifférent, insensible, froid, sans coeur, égoïste, inconséquent, irréfléchi.
  • Donner les fonctions des échanges à propos des tulipes et du clafoutis (lignes 56-64, et 180-200)
    Ces échanges ont d’abord pour rôle de montrer la bonne volonté des uns et des autres pour échanger sur des sujets de société, la nourriture, la décoration, pour créer du lien, se montrer dans une certaine convivialité. Mais on peut aussi voir par là : une certaine prétention chez Véronique. D’autre part cette scène permet de montrer le jugement critique de Véronique sur « Monica » qui ne sait pas ranger les aliments dans une cuisine.
    Quant aux tulipes, elles sont l’occasion pour Annette de complimenter la maîtresse de maison, mais le fait que les tulipes soient en promotion, et que Véronique s’en vante, permet de créer un écart social, ou économique, entre les deux couples.

Conclusion

  • Qualifier le regard que la dramaturge porte sur ces personnages.
    On peut donc déjà remarquer que la double énonciation est à l’oeuvre : les personnages échangent au premier degré sur le conflit des enfants, et les réparations à faire, physiques d’abord. Ils tiennent aussi leur rôle social en échangeant sur des propos plus légers, mais les conditions d’un désaccord plus profond sont déjà posées, discrètement.
    Y. REZA montre que les actions en cours sont en porte-à-faux par rapport aux pensées ou aux caractères des uns et des autres.

    C’est donc un regard un peu « au dessus » des personnages qui s’exerce.
    Aucun des quatre personnages ne semble être le porte-parole de l’auteur, comme chez MOLIERE, le sont les honnêtes hommes, ou femmes. Il n’y a pas de conflit traditionnel, avec des espoirs positifs d’un côté (les jeunes, le couple amoureux…)  et un opposant, par sa « manie », ou sa place dans la société, de l’autre.

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