3- Agir dans la cité SOPHOCLE Antigone (-442) Contextualisation

La tragédie grecque *

La tragédie grecque origines et organisation, Sophocle et le Siècle de Périclès. Le mythe des Labdacides.

1. Origines

Le théâtre occidental est né en Grèce et son origine est religieuse.
L’origine du théâtre naît de la convergence de trois pratiques :
– la transmission des récits épiques et des mythes (on apprenait Homère par coeur dans les écoles).
– ‎la pratique du chœur avec des danses des chants sous la direction d’un chef de choeur.
– ‎les grandes fêtes en l’honneur de dieux qui marquaient la cohésion de la communauté.

Si l’origine du mot tragédie est toujours controversée (Du latin tragoedia, du grec ancien τραγῳδία, tragôidía (« tragédie »), de τράγος, trágos (« bouc ») et ᾠδή, ôidế (« chant, poème chanté »). D’où le sens « chant du bouc », désignant le chant rituel qui accompagnait le sacrifice du bouc aux fêtes de Dionysos à l’époque archaïque. Bailly, 1951) il s’agit bien d’un rituel ancien en l’honneur de Dionysos.
Le chant choral en l’honneur de Dionysos le dithyrambe associait un chœur à un personnages dialoguant avec lui. Il s’agit d’un poème en l’honneur de Dionysos, ou bien d’un héros, qui est chanté.

Antigone de Sophocle Satoshi Miyagi au FESTIVAL D AVIGNON – 71e EDITION –
Texte : SOPHOCLE – Avec Asuka FUSE – Ayako TERAUCHI – Daisuke WAKANA – Fuyuko MORIYAMA –
Haruka MIYAGISHIMA – Kazunori ABE – Keita MISHIMA – Kenji NAGAI – Kouichi OHTAKA – Maki HONDA

Les différentes pièces

La tragédie était donnée en même temps que d’autres pièces : les poètes concurrents présentaient une Tétralogie, composée de trois tragédies et d’un drame satyrique.
Les Grandes Dionysies à Athènes duraient six jours : une procession occupait le premier jour ; les deux jours suivants  il y avait un concours de dithyrambes, et les trois jours suivants un concours de représentations dramatiques ; le matin, une tétralogie soit une trilogie suivie d’un drame satyrique ; l’après-midi :  une comédie.
Le vainqueur du concours était désigné par des juges tirés au sort, et votant en secret. Les noms des vainqueurs étaient gravés dans le marbre.
La première tragédie daterait de – 530, mais le texte le plus ancien qui est conservé est la tragédie d’Eschyle en – 472 Les Perses.

2. Organisation des spectacles dramatiques

La sélection des auteurs, des pièces et des exécutants constituait une véritable affaire d’état.
C’est l’archonte qui devait choisir les poètes qui allaient concourir, sans doute sur présentation de leur projet. Il choisit également l’acteur principal ou protagoniste et désigne le chorège, ou chef de chœur. Le chorège est un citoyen riche, qui est affecté à chaque auteur et qui doit prendre en charge financièrement et matériellement toute la préparation et la mise en scène de la représentation, y compris celle des 15 choristes.
Les acteurs (Le nom grec est hypocritès « celui qui répond »)
Au début un seul acteur (protagoniste), puis deux et trois (deutéragoniste inventé par Eschyle et tritagoniste inventé par Sophocle) se partagent tous les rôles, ce sont toujours des hommes adultes.
L’acteur antique s’efface totalement derrière son rôle, même physiquement : le masque cache son visage et déforme sa voix, la robe (chiton) et le manteau également amples. En effet, cet accoutrement permet à un acteur de tenir dans la même pièce plusieurs rôles parfois très différents : ainsi celui qui interprète Antigone dans la tragédie de Sophocle est aussi Hémon. Ces multiples interférences expliquent sans doute la faible part des dialogues à trois personnages dans la tragédie grecque et rendent compte de l’alternance structurelle permettant au public de reporter son attention de la skênê à l’orkhêstra où évolue le chœur et, à l’acteur, de modifier son apparence. Une apparence d’ailleurs fortement marquée par divers artifices : l’onkos du masque, les hautes semelles des cothurnes, les rembourrages divers (progastridon ventral ou prosternidion pectoral) et les couleurs symboliques fortement tranchées (blanche pour les vieillards, jaune pour les femmes, rouge pour les dignitaires, etc.)
D’où on peut conclure l‘importance du théâtre dans la cité

3. Les fonctions de la tragédie

– elle a d’abord une fonction religieuse, il s’agit de rendre honneur aux dieux que l’on respecte.
– ‎elle a également une fonction civique, étant une véritable institution publique qui implique toute la cité.
– ‎elle a enfin une fonction cathartique : le spectateur ressent une sympathie avec le personnage qui fait naître pitié et peur et qui, par l’extériorisation des sentiments, permet de s’en purifier.
Le héros qui est un homme ni bon ni mauvais, ni innocent ni coupable tombe dans le malheur à la suite d’une erreur qui fait basculer le destin. Quel est le rapport entre l’homme et ses actes ? l’homme est-il responsable de son destin ?

Les sujets des tragédies étaient des grands cycles épiques et mythiques bien connus des spectateurs.
– la guerre de Troie et le Destin des Atrides
– ‎Herakles et le sort de ces enfants
– ‎le cycle de table avec la destinée des labdacides : Œdipe, Antigone…
Les sujets d’actualité étaient peu présentés sauf dans les comédies (une représentation de la prise de Milet après l’anéantissement de la ville par les Perses en -494 fit tant de chagrin aux spectateurs que le poète fut condamné à payer une amende).
Les sujets traités sont : la guerre, l’ambition, la folie des hommes, la tyrannie et le poids du destin.

4. Le mythe des Labdacides

5. La contextualisation historique le Siècle de Périclès 

Périclès sur l’encyclopédie Vikidia
« Périclès (dont le nom, Περικλῆς / Periklēs, signifie « entouré de gloire ») est un général et homme d’État athénien du ve siècle av. J.-C., né vers 495, mort en 429 av. J.-C. de la peste.
Chef du parti démocratique, il a dominé la vie politique d’Athènes entre 443 et 429 av. J.-C. Se servant du trésor de la Ligue de Délos, il fait embellir Athènes, donnant ainsi du travail à une grande partie de ses électeurs, notamment en commandant la construction du Parthénon. Cependant sa politique dure envers les alliés d’Athènes provoque un fort mécontentement. Certains alliés changent de camp et se placent sous la protection de Sparte. En 431 av. J.-C. commence la guerre du Péloponnèse qui ravagera la région d’Athènes (Attique) et se terminera par la défaite d’Athènes en 404 av. J.-C..

Périclès démocratise la cité d’Athènes
Périclès appartenait à la riche famille athénienne des Alcméonides, dont un des membres, Clisthène, réalisa des réformes démocratiques. Dès -463, il est un des grands orateurs de l’Ecclésia. Il seconde Éphialte dans son œuvre réformatrice pour faire de la cité d’Athènes une démocratie : l’Aréopage où siégeaient les plus riches perd ses fonctions politiques qui sont réparties entre l’Ecclésia, la Boulé et le tribunal de l’Héliée où l’ensemble des citoyens ou leurs élus discutent et votent. Le principe du tirage au sort des magistrats est étendu pour désigner les archontes et les juges. Les citoyens qui doivent travailler pour faire vivre leurs familles peuvent consacrer du temps à la vie politique : on leur verse une indemnité financière s’ils assistent aux assemblées ou s’ils sont désignés comme juges.
Après l’assassinat d’Éphialte en 461 av. J.-C., Périclès devient le chef du parti démocratique athénien. Il est élu quinze fois à la fonction de stratège entre -443 et -429.

Le « siècle de Périclès »
Périclès avait reçu une très bonne éducation. Devenu adulte, il s’entoure de penseurs et d’artistes. Pendant les quinze années où il est le principal dirigeant d’Athènes, il veut en faire la capitale intellectuelle et artistique de la Grèce. Hérodote, Protagoras, Socrate, Anaxagore, Sophocle et Alcibiade, le jeune neveu de Périclès, fréquentent la maison d’Aspasie, la maîtresse de Périclès.

Pour reconstruire l’acropole d’Athènes ravagée pendant le seconde guerre médique [contre les Perses], il se sert du trésor de la Ligue de Délos, dont Athènes a pris la tête. Athènes devient un vaste chantier fournissant du travail à une multitude d’artisans et d’ouvriers. Les travaux sont dirigés par Phidias, secondé par des artistes comme Callicratès et Ictinos.
Le Parthénon est reconstruit et décoré, l’Acropole est dotée d’une entrée monumentale : les Propylées. Pour mieux protéger les relations entre la ville d’Athènes et ses ports, il fait achever la construction des Longs-Murs.

Périclès impose la domination d’Athènes sur les cités grecques
Périclès transforme en cités sujettes les cités alliées d’Athènes dans la ligue de Délos. En -454, le trésor de la ligue a été transporté de l’île de Délos à Athènes, où il sert à financer les travaux d’embellissement. Les cités grecques doivent de force continuer leurs contributions financières et adopter la monnaie et les unités de mesures athéniennes.
Périclès fait installer des colonies athéniennes dans les îles Cyclades (donc dans des terres grecques) et en Thrace. Athènes pense ainsi contrôler la mer Égée.

Les cités grecques payant le tribut à Athènes dans la première moitié du Ve siècle av. J.-C..
Cette domination est assez mal supportée et provoque des révoltes périodiques, mais isolées, que la flotte de guerre athénienne parvient à réprimer rapidement. Plus importante est la lutte d’influence qui oppose Sparte et Athènes pour savoir qui occupera la première place en Grèce. En -446, une trêve de trente ans avait été signée entre les deux cités. Cependant, le succès économique et colonial des Athéniens provoque des jalousies, d’autant qu’Athènes interdit aux autres cités comme Corinthe ou Mégare de commercer avec ses colonies.

La guerre entre cités grecques, appelée guerre du Péloponnèse, commence en 431 av. J.-C. Les Spartiates envahissent et ravagent la région d’Athènes (l’Attique), obligeant les villageois à se réfugier derrière les murailles de la ville. Dans cette population entassée, la peste qui se déclenche fait des ravages. Périclès en est la victime la plus célèbre, puisqu’il en meurt en -429″ 

* Cette présentation a été faite à partir de quatre sources
– Article de la TDC n° 916 « Le Siècle de Périclès » par Françoise RUZE
– Livre Histoire dessinée du théâtre par André DEGAINE (1992)
– Livre critique Antigone de Sophocle par Gilliane VERHULST (2002)
– https://www.lettresvolees.fr/oedipe/documents/Tragedie_grecque.pdf   Marie-Françoise LEUDET

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