Pédagogie : Le déroulement des activités en langue en classe inversée (en cours)

C’est une activité que je suis en train de faire évoluer au fur et à mesure des séances.

Le déroulement actuel est le suivant :

Les élèves ont eu à regarder les cours, sous forme de capsules vidéo sur Lefildelaure YouTube, une semaine avant. Pour certains, le visionnage peut-être fait, à la demande ou sur les heures de devoirs faits, accompagné par un enseignant.

Les élèves ont été répartis en 8 groupes (dont le niveau des connaissances, les capacités de mémorisation… sont équivalents et les qualités complémentaires) avec une disposition des tables en îlots.

Les activités sont soit des activités sur ardoise sous forme de défi groupe à groupe, soit des activités sur des fiches papier préparées par l’enseignante. Chaque élève a une fiche et celles-ci seront, en fin de séance, collées dans le cahier de français, après qu’une fiche par groupe aura été ramassée, évaluée (et notée) : note et compétences étant alors attribuées à tout le groupe de 2 à 4 élèves.

Il y a une première question de synthèse sur ardoise. Quels sont les quatre emplois/valeurs de l’imparfait ? quels sont les quatre types de phrases ?… Avec une attente différente selon les objectifs des groupes. Je rappelle que j’ai défini trois objectifs (en fonction des compétences) : un objectif jaune (assez bonne/ bonne maîtrise), un objectif vert clair (bonne/ très bonne maîtrise), un objectif vert foncé (excellente maîtrise). Pour le nombre d’ilôts d’élèves par objectif, il dépend du nombre d’élèves visant chaque objectif dans chaque classe. Je fais seulement en sorte qu’il y ait un nombre pair d’ilôts, pour les activités sous forme de défi. Pour les élèves qui ont un objectif jaune, j’attends trois réponses sur quatre par exemple.

Ensuite l’activité se fait sur la fiche papier. Je propose un à trois exercices de révision issus d’un manuel scolaire ou créés à partir des textes étudiés en littérature.

Voir les fiches d’activités.

Je vais à ce moment-là passer d’ilôt en îlot en laissant plus seuls les élèves les plus autonomes. Évidemment c’est le moment stratégique essentiel de la séance : les explications quasi individuelles des difficultés rencontrées. Ces difficultés peuvent être : incompréhension d’un point de la leçon, difficultés de mémorisation, imprécision de la consigne ou difficultés à la comprendre, complexité de la mise en œuvre pratique d’une notion théorique... Je soigne particulièrement à ce moment-là les allers et retours entre la verbalisation et la prise de notes sous forme de mots clés, de mini schéma illustrant la notion… Je mets en œuvre  une réelle démarche d’apprentissage, qui est beaucoup plus complexe que le fait de réciter une leçon « par cœur » que pratiquaient, éventuellement, les élèves avant mais qui leur est de plus en plus difficile. La mémorisation « par cœur » étant une compétence en voie de disparition, surtout quand elle concerne des notions linguistiques…

Nous corrigeons ensuite les exercices très rapidement puisque j’ai déjà pu écouter/ conseiller les groupes ou voir le travail accompli. Les éléments manquants ou erronés doivent bien figurer corrigés sur la fiche d’activité de façon visible, dans une couleur différente de la couleur de travail.

20180508_100906

Kazuo IWAMURA

 

Ensuite nous passons au défi.

Soit il s’agit de questions que je pose aux groupes d’élèves d’un même objectif, et pour lesquelles la réponse est inscrite sur une ardoise, après négociation au sein du groupe. La notion de défi n’apparaissant alors que lorsque la réponse n’a pas été trouvée et que tous les groupes, donc ceux qui n’ont pas préparé cette question, disposent de quelques secondes pour proposer une autre réponse. Cela suscite une bien meilleure concentration, une grande attention de tous, puisque la consigne de la question en cours de correction n’est pas répétée par l’enseignante.

Ou bien le défi se fait deux à deux : ce sont alors les élèves qui préparent même les questions et les posent à l’autre groupe ou aux autres groupes du même objectif. Il peut s’agir tout simplement des items d’un exercice du manuel. Mais ici c’est le côté ludique qui donne son intérêt à cette pratique. Au lieu qu’un professeur demande à tel  élève de corriger telle question de tel exercice, c’est un groupe d’élèves qui le demande à un autre. La question a donc été préparée, corrigée, vérifiée par les élèves entre eux au lieu que ce soit entre professeur et élèves. Il y a un aspect de jeu, d’affrontement, de défi, qui fonctionne très bien si on fait attention aux différents niveaux des élèves.

Par rapport à une séance « classique », si on ne s’attarde pas sur les explications complémentaires nécessaires lorsqu’on voit qu’un élève n’a pas su répondre à une question, n’a pas compris la consigne etc., on fera moins d’exercices. Mais si j’ai choisi ce type de pédagogie, ce que je me suis bien aperçue que se donner bonne conscience en faisant plus d’exercices quand un tiers de la classe, si ce n’est davantage, n’a pas compris et n’a pas retenu l’essentiel des notions de la séance, cela ne sert à rien. J’avais déjà réduit le nombre d’exercices et je passais beaucoup de temps dans les explications, les schémas, les reprises. Mais ces reprises sont inutiles pour certains et rendent les cours très fastidieux, alors que la pédagogie en classe inversée avec des échanges constructifs sous forme de défi est beaucoup plus efficace pour tous les élèves et leurs différents profils. Lors de la seconde phase de la séance, je propose aux élèves les plus en facilité un troisième exercice, sur la feuille d’activité, exercice beaucoup plus complexe qui met leur sagacité à l’épreuve

Je n’ai pas encore assez de recul pour faire un bilan, mais déjà il est certain que les cours de langue, qui continuent à représenter dans ma pratique une séance sur quatre environ, sont beaucoup plus agréables pour tous.

Évidemment la maîtrise des faits de langue, la compréhension du fonctionnement de la langue, est non seulement indispensable à la rédaction d’écrits construits, mais est le substrat indispensable à toute étude de texte qui ne soit pas un commentaire psychologique plus ou moins oiseux…

2 réflexions sur “Pédagogie : Le déroulement des activités en langue en classe inversée (en cours)

  1. Recoucou!
    Je suis tentée par votre façon de procéder car cette année, avec trentre élèves, j’ai trouvé les cours très physiques. Malgré toute l’énergie déployée, je n’ai pas réussi à toujours capter leur attention ou à maintenir leur motivation.
    J’ai visionné vos vidéos. Elles me donnent envie de tenter l’expérience.
    Il faut que je relise votre dispositif pour bien m’en imprégner. Je pense essayer en début d’année pour réviser des notions de quatrième de façon à réactiver des notions essentielles à la compréhension des textes.
    Car force est de contaster que le texte du brevet de juin ( magnifique au demeurant) n’a pas été bien compris par beaucoup de mes élèves. Malgré les conseils serinés tout au long de l’année, ils se sont précipités sur les questions alors qu’une deuxième lecture aurait été la bienvenue.
    Je continue à plancher sur vos articles!
    Lili

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    • Bonjour Lili !
      Il y a des enseignants qui s’y connaissent bien davantage que moi en classe inversée, et vous trouverez sûrement des tas de choses en ligne.
      Je suis encore dans l’expérimentation…
      La vidéo doit être visionnée à la maison et je vais introduire, l’an prochain, la nécessité d’une trace sous forme de schéma simple à réaliser par l’élève dans le cahier, car visionner seulement ne suffit pas à mémoriser évidemment. Ensuite en début d’année en 4e et en 3e je les reprends d’abord le visionnage en salle informatique avec 15 postes et un dédoubleur de casque ou d’écouteurs par poste qui me permet de prendre toute la classe ensemble, pour regarder une nouvelle fois la version courte de la vidéo, avant de passer aux exercices et activités en commun auquel je consacrerai deux ou trois heures par fiches.
      Ceci étant dit je ne suis pas très contente de mes vidéos… certaines sont un peu casse-pieds… Quand j’aurai le temps je les arrangerai 🙄
      Mais je vais quand même continuer dans cette direction car l’exposé traditionnel des notions ne sert souvent pas à grand-chose, si ce n’est pour clarifier ou expliquer un point, et encore… Les notions de grammaire à apprendre et à retenir sont tellement simplifiées maintenant qu’il n’y a pas grand-chose à comprendre. et c’est seulement en faisant l’exercice en situation sur un texte, avec des phrases un peu littéraires, dans une posture d’analyse et cetera que l’on bénéficie de cet apprentissage des notions grammaticales, me semble-t-il.
      Car évidemment apprendre le nom de telle ou telle notion, le côté étiquetage, en soi ne sert à rien…
      Ce qui marche bien dans les exercices faits en commun, par petits groupes de 2 à 4 de même niveau à peu près (nous avons une très très grande hétérogénéité des élèves dans mon collège, donc ces petits groupes de travail par niveau sont nécessaires ici), c’est l’apprentissage par les pairs, la stimulation, le souci de réussir…
      Que je motive en début et en fin d’année par quelques petits paquets de bonbons distribués aux groupes led plus performants… (!) Bon alors là on n’est plus du tout dans la pédagogie… Mais enfin cela permet de placer les choses.
      Je peux aussi évaluer l’implication des élèves, que l’exercice finalement soit ou non tout à fait réussi, en mettant des notes d’implication sur 5…
      Enfin comme vous voyez tout m’edt bon pour motiver le travail des élèves… car une fois qu’ils ont commencé à le faire il trouve cela finalement agréable et instructif car peu à peu les textes littéraires s’éclairent.
      Je transfère tout le temps tout le temps tout le temps ce que je vois en langue dans les analyses de texte.
      Dès qu’une problématique a été posée en analyse de texte, je rappelle que toutes les réponses / preuves pour valider ses hypothèses d’interprétation…sont dans les cours du lundi… (Car je m’efforce de faire ces séances de langue de façon hebdomadaire quasi systématiquement, en début de semaine.) C’est l’idée de construire un bagage qui va leur permettre de partir à la découverte, dans une sorte d’enquête, de l’analyse littéraire…
      Et globalement oui cela, ça marche très bien.
      c’est une description ? Il y a des verbes d’État, ils sont à l’imparfait, des attributs, des épithètes du nom et cetera
      Il veut convaincre ? Il y a une subordonnée de cause un connecteur logique…

      Bon voici pour compléter l’article sur la classe inversée que je mettrai un jour bientôt…

      Bien à vous,
      ML

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