3- Brevet Blanc 2019 Travail sur un texte littéraire et sur une image Simone de BEAUVOIR La Force de l’âge (1960) Sujet et corrigé. Questions, orthographe et sujet de réflexion.

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QUESTIONS / RÉPONSES

Analyse du texte

1 Lignes 1 à 5 : relevez trois mots qui illustrent l’émotion dominante de ce passage. Quelle en est la cause ? (4 points)
L’émotion qui domine largement dans les premières lignes de cet extrait est une joie très vive, intense. Pour le prouver, je peux relever : « ce qui me grisa » (l.), « je m’émerveillais » (l.4)  et « je m’ébrouais, je jubilais » (l.5) Cette grande joie est due à la liberté nouvelle dont la jeune fille dispose. Il semble qu’elle ait attendu longtemps ce moment de liberté « dès l’enfance » (l.2) et maintenant elle le savoure pleinement.

2. « J’aimais le chocolat, le bortsch, les longues siestes et les nuits sans sommeil, mais j’aimais surtout mon caprice » (l.27-29) Quels sont les goûts évoqués par la narratrice dans cette phrase ? Lequel est mis en avant et comment ?
Dans ce passage, la narratrice exprime quelques-uns de ses goûts. Tout d’abord, elle évoque deux aliments différents, l’un salé, l’autre sucré, l’un assez courant, et couramment apprécié, (le chocolat), l’autre plus original (le bortsch). Elle a donc goût à manger des mets peut-être inhabituels et un peu « exotiques ». Ensuite elle évoque son rapport au sommeil : dans ce domaine, elle apprécie le décalage avec le rythme habituel de l’enfance, le plaisir de dormir quand elle le veut, pour consacrer ses nuits à la lecture ou à l’étude. Mais ce qu’elle met en avant, plus que tel ou tel point, c’est le fait de pouvoir agir à sa guise, sans avoir à se justifier (« mon caprice ») C’est une liberté sans justification, sans raison, le simple plaisir de pouvoir en faire à sa tête. Ce mot de « caprice » est mis en valeur par l’adverbe d’intensité « surtout » ou par la conjonction de coordination « mais » et par la virgule.

3. Que représente la nouvelle chambre dans la vie de la narratrice ? Vous développerez au moins deux idées (6 points).
Sa nouvelle chambre présente pour la narratrice au moins deux intérêts.  Tout d’abord, cet espace à soi lui permet de se comporter de façon très libre. Elle peut meubler cet espace à son goût et y vivre selon son bon plaisir. « Voilà qu’enfin moi aussi j’étais chez moi. » (l.10) Mais cette chambre permet également à la jeune femme de pouvoir vivre seule, à son rythme, d’accéder à une réelle intimité, et en suivant ses humeurs. « Il me semblait que cette odeur défendait ma solitude et je l’aimais. » La narratrice semble surtout désireuse de mettre cette solitude à profit pour pouvoir se consacrer à ses études, mais de la façon dont elle l’envisage, à ses heures…

4. Quelle est la place de la lecture dans la liberté nouvelle de la narratrice ? Justifiez en citant le texte. (6 points)
La lecture occupe une place primordiale dans la vie de la narratrice. Tout d’abord, on peut noter qu’un de ses premiers soucis est l’acquisition d’étagères (l.9) pour ranger ses livres (et elle n’évoque ni la radio, ni la télévision). Elle écrit d’ailleurs que, même si n’importe quel « réduit » lui convient, elle souhaite qu’il y ait un divan pour dormir et des étagères (l. 21 « des rayonnages »). La présence des livres autour d’elle est donc montrée comme indispensable. Ensuite quand elle évoque ses plaisirs, elle dit : « lire au lit toute la nuit ». On comprend donc que, pour elle, la lecture n’est pas seulement une nécessité pour les études, mais bien une source d’enrichissement personnel, qu’il s’agisse de journaux, comme Mon Journal, ou bien de livres.

5. En quoi cette couverture de l’ouvrage de Simone de BEAUVOIR vous semble-t-elle particulièrement bien illustrer le passage étudié, tant pour la forme que pour le fond ? (6 points)
La photographie qui illustre la couverture de cette édition Folio du livre La Force de l’âge me semble illustrer particulièrement bien le passage étudié pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, nous y voyons l’auteure au centre de l’image [composition centrée] et occupant seule cette image, ce qui peut nous faire comprendre qu’il s’agit d’une autobiographie ou d’un écrit centré sur cette auteure. Ensuite, Simone de Beauvoir est assise, allongée presque, appuyée sur le coude sur un divan rouge avec des coussins confortables : on retrouve donc le bien-être évoqué dans le texte. Enfin et surtout elle a été photographiée comme en train de lire ; le livre ouvert étant lui-même sur une pile d’ouvrages, ce qui met au coeur de cette image la lecture, l’activité de lire pour connaître, pour comprendre… Sur le plan de ce qui est représenté, on peut aussi noter son vêtement élégant (coordonnée de la jupe avec la cravate) et la présence de cette cravate, qui, tout en étant très féminine, peut montrer le désir d’originalité, d’indépendance et d’affirmation de la jeune femme.
Sur le plan de la forme, je peux noter le cadre / découpage [détourage] qui a été fait de cette photographie pour former un arrondi : cette forme permet de réduire l’image au seul personnage sur son divan, sans autre décor, mais aussi c’est une forme douce qui peut reproduire l’idée de cocon présente dans le texte, de moment agréable et privilégié. On peut noter que cette photographie est prise en angle neutre, ce qui fait le spectateur est au même niveau que la narratrice photographiée : il est ainsi invité à participer aux moments de joie décrits. Les couleurs chaleureuses renforcent cette impression positive. Enfin, le regard direct adressé au spectateur / lecteur par la jeune femme, regard qui est en même temps, un peu rêveur, peut nous faire deviner que cette personne nous invite à l’accompagner dans son introspection, dans le récit réfléchi et affirmé qu’il fait de sa propre vie.

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Grammaire et compétences liguistiques

6. « J’y avais rêvé dès l’enfance » (l.2) dans cette proposition, à quel temps le verbe est-il conjugué ? Expliquez son emploi. (4 points)
Le verbe « avais rêvé » est conjugué au plus-que-parfait, et ce temps exprime une action achevée, antérieure au moment du récit, et de « je jouais avec ma soeur ».

7. « Joyeusement » (l.19) Donnez la composition de ce mot et sa classe grammaticale. Ce mot est composé du radical « joyeuse » qui est l’adjectif qualificatif « joyeux » au féminin. Et ce radical est suivi d’un suffixe en « -ment » qui en fait un adverbe de manière.

8. « j’avais durement peiné, j’avais eu peur d’échouer, je butais contre des obstacles et je me fatiguais. Maintenant, nulle part je ne rencontrais de résistances, je me sentais en vacances, et pour toujours. » (ligne 31 à 33).

a. Quel est le rapport logique entre ces deux phrases ?
b. Transformer ces deux phrases en une phase complexe contenant une proposition subordonnée (4 points)

Entre ces deux phrases, je remarque un rapport d’opposition.
Alors que j’avais durement peiné, que j’avais eu peur d’échouer, que je butais contre des obstacles et que je me fatiguais, maintenant / désormais / dorénavant nulle part je ne rencontrais de résistances, je me sentais en vacances, et pour toujours.
Ou bien (mais avec un changement des temps)
« J’avais durement peiné, j’avais eu peur d’échouer, j’avais buté contre des obstacles et je m‘étais fatiguée alors que maintenant, nulle part je ne rencontrais de résistances, (et que) je me sentais en vacances, et pour toujours. »

9. Réécrivez le passage suivant en remplaçant la 1ère personne du singulier (je) pour la 3e personne du pluriel (elles) désignant la narratrice et sa soeur. Vous ferez toutes les modifications nécessaires. « Je suis très longtemps restée indifférente au décor dans lequel je vivais ; à cause, peut-être, de l’image de Mon Journal je préférais les chambres qui m’offraient un dan, des rayonnages ; mais je m’accommodais de n’importe quel réduit. » (10 points)
Elles étaient
très longtemps restées indifférentes au décor dans lequel elles vivaient ; à cause, peut-être, de l’image de Mon Journal, elles préféraient les chambres qui leur offraient un divan / des divans, des rayonnages ; mais elles s’accommodaient de n’importe quel réduit.

 

Dictée

Voilà pourquoi en rencontrant Herbaud j’eus l’impression de me trouver moi-même : il m’indiquait mon avenir. Ce n’était ni un bien-pensant, ni un rat de bibliothèque, ni un pilier de bar ; il prouvait par son exemple qu’on peut se bâtir, en dehors des vieux cadres, une vie orgueilleuse, joyeuse et réfléchie : telle exactement que je la souhaitais. Cette fraîche amitié exaltait les gaietés du printemps. Un seul printemps dans l’année, me disais-je, et dans la vie une seule jeunesse : il ne faut rien laisser perdre des printemps de ma jeunesse. Simone de Beauvoir, Mémoires d’une jeune fille rangée, 1958

Expression écrite

Sujet de narration

La narratrice rencontre sa grand-mère dans la pension : cette dernière exprime ses sentiments face à la liberté et au bonheur de sa petite fille. Elle lui raconte ce qu’était sa vie au même âge. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ) et mêlera dialogue et narration.

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Souvenir de lectures d’enfance (années 1950)

Sujet de réflexion

En quoi la lecture peut-elle être selon vous une source de liberté ? Vous répondrez à cette question en envisageant notamment différentes pratiques ou différents supports de la lecture. Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (300 mots environ).

Pistes pour le sujet de réflexion

=> Distinguer des pratiques et des supports de lectures pour trouver des idées sur ce que les différentes pratiques peuvent avoir comme intérêts qui vont être source de liberté(s)

  • Lecture de journaux et de magazines (papier ou en ligne) pour s’informer. Exemples : actualité, magazine sportif, magazine scientifique => liberté de choix car je suis capable de faire des choix grâce à une bonne information
  • Lecture de documentaire (album, monographie…) pour se cultiver : livres ou articles sur un pays, une époque, une activité appréciée => liberté apportée par la connaissance, absence de peur de l’autre, désir de connaître, ouverture d’esprit.
  • Lecture de roman / bandes dessinées (contes, nouvelles, sagas…) pour se distraire et éprouver des émotions. Exemples les livres lus au collège en cursive (BD…), personnellement… => liberté apportée par le fait de me dégager des soucis quotidiens.
  • Lecture de livres / articles d’opinions (politique, religieux, opinions scientifiques…) pour réfléchir et forger sa propre opinion. Exemples : articles en ligne sur des blogs que l’on suit suivant ses centres d’intérêt, livres sur le réchauffement climatique, les nouvelles ou romans de science-fiction lus… => (un peu de ) liberté par rapport à ce qui m’a été inculqué, distance avec ce que l’on m’a appris…
  • Lecture de beaux livres ou de livres d’images pour éprouver le plaisir du beau (esthétique) ou livres de poésies, de chansons. Exemples : site sur les paroles des chansons que l’on aime, livres de photographie sur un pays où l’on voudrait voyager… => Liberté liée à la rêverie, à l’imagination…

A partir de ces idées en privilégier trois ou quatre et développer l’argumentation en écrivant un argument complet [ERIC] : énoncer / raisonner en définissant et en approfondissant (pourquoi ?) / illustrer avec des exemples expliqués et conclure.

Exemple pour un argument

Parmi les différentes pratiques de lecture, on peut apprécier la lecture de beaux livres. Il s’agit de livres que l’on va davantage feuilleter que lire en entier, que l’on peut emprunter au CDI ou en médiathèque. Ces livres ont été réalisés par des photographes de renom, ou des éditeurs soucieux de présenter des reproductions d’art de qualité, ou des photographies montrant des lieux extraordinaires. On consulte ces ouvrages pour le plaisir des yeux. C’est-à-dire qu’on regarde les illustrations, qui font l’essentiel du livre, en prenant connaissance des légendes pour comprendre ce qui est représenté, mais cette lecture est surtout une lecture d’image… Elle suscite en nous un sentiment d’admiration, d’émerveillement. Mais aussi ces illustrations peuvent nous donner envie de voyager, d’aller découvrir les lieux ou les oeuvres représentées. J’ai, par exemple, un très beau livre sur le Japon qui m’a été offert parce que j’aime beaucoup ce pays. c’est un livre récent qui montre à la fois les trésors patrimoniaux du pays et ses réalisations les plus contemporaines (architecture). J’éprouve beaucoup de plaisir à regarder ces images en attendant de pouvoir un jour faire le voyage. D’autres livres comme ceux du photographe Henri Cartier-Bresson peuvent aussi m’inspirer à la rêverie ou susciter de l’étonnement. Les textes peuvent contextualiser les photographies, mais parfois ils prennent une forme poétique qui accompagne sa vision du monde, à la fois bienveillante, généreuse et humaniste. La liberté que je gagne à cette lecture est une forme d’évasion, mais je gagne aussi cette forme de liberté que l’on gagne à voir le monde de façon libre ou inventive.

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Henri CARTIER-BRESSON

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