3- Histoire des arts Agir dans la cité S. EISENSTEIN Le Cuirassé Potemkine (1925) Analyse d’un extrait 3. Cadrages, mouvements de caméra et angles de vue

3.1 Les choix de cadres

Début 42:07
Bateaux partant : Plan Général Mouvement de caméra de la gauche vers la droite 

Présentation de la foule :
Couple bourgeois : Plan taille
Femme courageuse : Plan rapproché 
Etudiant : Gros plan => Les personnages sont filmés de plus en plus près : caractérisation sans individualisation (pas de nom, pas de récit propre), présentation de types humains et sociaux facilitant l’identification et la sensibilisation. 
Marins sur bateau : Plan général
Apparition de l’escalier: Plan général
Foule sur les escaliers : Plans rapprochés, plans bustes en contre-plongées valorisantes. 
Les personnages isolés sont surcadrés par un cercle dégradé ombre de lumière

46:17 Et soudain : Très gros plan => succession de gros plans flous (4 plans en 2 secondes environ) tête d’une femme échevelée, rendue floue par ses mouvements (=> montage impressionniste, effet visuel => narration
Très gros plan sur l’ombrelle qui avance vers la caméra [raccord objet] (effet de zoom avant créé par le mouvement du personnage => double dérisoire des baïonnettes : une ombrelle fragile, que l’on revoit une troisième fois renversée, au sol : la femme est morte.)

Armée, soldats vus de dos, anonymes, par vague sous le bras de la statue d’un empereur : plan d’ensemble (cf. cadre, contre-plongée)

Trés gros plan : insert sur les pieds et les mains de l’enfant piétiné => pour créer des émotions violentes

(montage d’attraction cf. conférence Jacques AUMONT Montage d’attraction : Forum des images Un montage d’attraction « raté » dans La Grève, écouter à partir de 32:41 Montage « agressif », théâtral ; sensation excessive, exacerbée mais qui veut montrer le réel.
Exemple avec un autre film : Bruce CONNER (1958) A Movie, même type de montage analysé à 50:00 ; et à 53:22, montage dans The Blade Tsui Hark 1995)

Quand l’enfant est piétiné : plans sur la mère : ensemble, demi-ensemble; taille, buste, visage, yeux exorbités par l’horreur (plus jeu expressionniste) => l’avancée de la caméra simule la prise de conscience de ce qui est en train d’arriver.

Gros plan sur le corps de l’enfant martyrisé alternées avec des plans d’ensemble de foule (montant ou descendant, égarée) : la scène déborde largement du cadre.

50:21 arrivée des cosaques à cheval en bas des escaliers

51:19 très gros plan sur cygne (ceinture de la femme au landau) => Mort

Plan d’ensemble (mouvements de caméra : la chute du landau)

Fin : succession de gros plans visages de la mère de l’enfant au landau mourant, l’étudiant (au visage reflété dans une glace (?) la femme courageuse : ellipse (montage alterné) : fin de l’extrait et de la scène : le visage de la femme courageuse avec l’oeil crevé, la joue balafrée par l’épée du cosaque. [ DAUVERCHAIN Nicolas 3B]

3.2 Les angles de vue 

– Légère contre-plongée (43:14 min) avec le projecteur lumineux en bas à droite = valorisation du personnage; une femme 
bourgeoise
 n’ayant pas peur pour son argent soutient la révolte.
– Légère contre-plongée (43:24 min) présentation de la femme courageuse : une femme du peuple, même éclairage que la bourgeoise.

– Contre-Plongée (44:09 min) Potemkine, masse de personnes.

Plongée sur la mère courageuse

– Contre-plongée (45:49 min) Noble en blanc, théâtralisée.
– Plongée importante (46:32 min) apparition de l’armée sous la statue d’une empereur symbolisant le Tsar Nicolas II commandant l’armée. On voit l’église et le port.

– Contre-plongée (46:35 min) Escalier d’Odessa à moitié vide.

– Plongée (47:05 min) Foule, éclairage différent (en haut à gauche) : le soleil est maintenant dans le dos de la foule : les ombres des soldats se projettent sur les gens fuyant le massacre.
– Plongée (48:14 min) Point de vue de la mère 

Plongée sur le landau

– Plongée sur landau (en plus du mouvement de travelling) pour une émotion accrue de panique, de peur pour l’enfant…

3.3 Les mouvements de la caméra

Scène réalisée essentiellement en plans fixes.

C’est la foule filmée alternativement sur le côté et de face, descendant les marches précipitamment qui crée le mouvement.

Mais il y a des travellings tout à fait remarquables.

– pour accompagner la foule descendant.

– pour suivre toute la chute du landau : ce travelling est coupé par des plans fixes (cf. montage alterné) accentuant la rapidité de la chute quand le mouvement reprend.

Travelling d’accompagnement

=> Une grande richesse dans le choix des cadres et des angles de vue ; des contrastes forts dans l’enchaînement des cadres différents. Une accentuation des effets de cadres : un oeil volontairement « modalisant » (non neutre). Une e utilisation du travelling encore très neuve.

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