3- Se raconter EPI CCA EXPRESSION ÉCRITE Sujet de réflexion « Bande dessinée et histoire » Copie d’élève

Pour apprendre la démarche d’Histoire des arts, si on choisit ce thème pour l’oral du Brevet

1. Contextualisations

Contextualisation historique

La bande dessinée La Guerre des Lulus de Régis HAUTIÈRE se déroule durant la première mondiale (1914-1918). En 1914, une partie de la région de la Picardie a subi l’invasion allemande. Le front traverse donc la Picardie et l’armée allemande arrive très vite. Elle s’installe dans plusieurs villages ou villes comme Amiens, qu’elle n’occupera que pendant huit jours ou comme Senlis, une ville se situant à une cinquantaine de kilomètres de Paris, qui a été envahie par l’armée allemande. Plus éloignées du front, Abbeville et les stations de la côte picarde accueillent des hôpitaux et réfugiés.

A la suite de la bataille de la Marne et de la stabilisation du front, une partie de la Picardie reste occupée jusqu’au printemps 1917. Le territoire resté libre de la Picardie est une zone d’arrière-front. Le front représente une frontière étanche et coupe quasiment la possibilité de communication. L’impossibilité de correspondre interdit aux populations occupées de connaître le sort de leurs soldats. La presse est censurée : les lettres envoyées sont vérifiées et ne doivent transmettre aucun renseignement sur les stratégies en cours. L’arrière n’est pas informé des terribles conditions de vie des soldats : les combattants s’enterrent dans les tranchées, livrés au froid, à la faim et aux rats. Les Allemands imposent le travail forcé aux habitants, ils contrôlent la population, exploitent et mettent en valeur les richesses des ressources locales. Une véritable organisation est mise en place pour satisfaire les besoins des armées allemandes. De nombreuses réquisitions comme celle du blé ou du cuivre sont mises en place et sont contestées car l’arrière est persuadé que le cuivre pourrait être utilisé pour tuer leurs soldats (surnommés Poilus). Malgré cela, après plusieurs mois, un accommodement apparaît et certains soldats ennemis nouent des relations avec des femmes et enfants français. En 1917, le repli allemand sur la ligne Hindenburg libère le territoire picard, mais les Allemands en retraite y ont procédé à de nombreuses destructions.

(Source : http://fresques.ina.fr/picardie/parcours/0004/la-grande-guerre-en-picardie-1914-2014.html )

Ruines de Laucourt (Somme) pendant la Première Guerre mondiale

Contextualisation artistique (esthétique)

La bande dessinée franco-belge désigne une bande dessinée, essentiellement francophone, publiée par des éditeurs français et belges. Par extension, il désigne l’ensemble des styles et des contextes éditoriaux communs aux bandes dessinées d’Europe francophone, après la Seconde Guerre mondiale. Bien que la France et la Belgique aient chacune des auteurs reconnus de bande dessinée auparavant, la bande dessinée désignée sous le terme « franco-belge » éclot réellement dans l’immédiat après-guerre lorsque des périodiques édités en Belgique, dont les principaux sont Le Journal de Tintin fondé en 1946 par Raymond Leblanc et Le Journal de Spirou, conquièrent le marché français. La concurrence que donne ces journaux ainsi que le rythme de parution hebdomadaire va entraîner un bouillonnement créatif et plusieurs auteurs vont émerger à cette période. Les milieux et les marchés de la bande dessinée en France et en Belgique francophone sont alors indissociables: l’identité nationale devient floue. L’éditeur de cette bande dessinée est Casterman (fondé en 1780) dont les auteurs phares comme Tardi, Pratt, Geluck ou Hergé. La bande dessiné franco-belge se distingue par son caractère très travaillé, privilégiant la production lente et les tirages de qualité ( par opposition aux comics et mangas produits à des rythmes plus rapide et, privilégiant les couvertures souples).Jusqu’à la fin des années 1960 la bande dessinée franco-belge est caractérisée par des albums presque exclusivement destinés à la jeunesse. Ces albums sont cartonnés, en couleur et comportent en moyenne une quarantaine de pages.

Contextualisation biographique

Le scénario de cette bande dessinée est de Régis HAUTIÈRE et les dessins sont de HARDOC.

HARDOC, de son vrai nom Vincent LEMAIRE, est un dessinateur et coloriste de bande dessinée française né en 1975 à Albert (Somme). Après avoir obtenu son baccalauréat technologique en génie électro-technique, il a fait des études supérieures à la faculté des Arts d’Amiens où il a obtenu une licence et commencé une maîtrise d’arts plastiques. En matière de dessin, c’est un autodidacte. Il démarre sa carrière à 15 ans comme illustrateur pour une émission de France 2 pour la jeunesse. Tout en travaillant sur ses premières BD, HARDOC est batteur et parolier, durant quinze ans, dans un groupe de rock festif : « Les Mômes susceptibles ». Il remporte en 1996 l’Écureuil d’Or, qui récompense le meilleur jeune espoir au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême. Il a été le dessinateur de la bande dessinée les nouvelles de Jules Verne en bande dessinée en collaboration avec Céka, paru en 2005, ou Le Loup l’Agneau et les Chiens de Guerre avec Régis HAUTIÈRE, paru en 2004.

Régis HAUTIÈRE est un scénariste de bande dessinée né à Fougères en 1969. Il a fait ses études à Saint-Malo, Rennes et Lille. Il passe une bonne partie de son enfance le nez plongé dans les livres (que ce soient des romans ou des bandes dessinées) et se découvre très tôt un goût prononcé pour l’écriture. En 1995, il s’installe à Amiens où il devient membre d’une association informelle qui réunit des auteurs amateurs de bandes dessinées. C’est au sein de cette association qu’il rencontre quelques-uns des dessinateurs avec lesquels il publie ses premiers albums comme HARDOC ou FRANCO. En 2005, il démissionne pour se consacrer exclusivement à l’écriture de scénarios pour la bande dessinée. Il a déjà créé une soixantaine de bandes dessinées tel que Perico (2014) ou Le dernier envol (2005).

(Sources : Wikipédia et Babelio)

2. Analyse de deux planches (en appuyant l’analyse sur quelques vignettes)

Problématique : Comment montrer la réalité de la Première Guerre mondiale par le prisme d’une aventure d’enfants ?

Résumé du début du récit
Les quatre Lulus, Ludwig, Lucas, Luigi et Lucien sont des pensionnaires de l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt en Picardie. Comme très souvent, les Lulus ont fait le mur pour aller jouer dans la forêt. Malheureusement c’est au moment où la troupe évacue l’abbaye et les Lulus, manquent à l’appel. Sans l’avoir voulu, ils se retrouvent soudain à l’arrière des lignes allemandes. Le village et les alentours sont déserts ; également seule, Luce, une enfant provenant de Belgique, rencontre les Lulus qui acceptent de la garder avec eux. Les Allemands envahissent alors Valencourt et occupent l’abbaye, privant les cinq enfants de nourriture. Ne voulant pas aller se coucher sans manger, ils font une petite escapade nocturne.

Aperçu des planches https://www.bdfugue.com/la-guerre-des-lulus-t-1

 

Analyse des vignettes

J’ai choisi la vignette 2 page 41 ainsi que les vignettes 5 et 7 de la page 40. Sur la vignette 5, on peut voir un des quatre garçons, au premier plan, les larmes aux yeux. C’est un gros plan du visage de l’enfant et le paysage est fermé ce qui nous donne l’impression d’un travelling avant entre deux images. L’arrière plan est uniforme ; on peut y apercevoir de la terre. L’absence d’arrière plan accentue cette impression de solitude et met en valeur le visage de l’enfant ainsi que l’utilisation de la ligne claire qui permet de différencier les deux plans. Mais cela reste un contraste doux. Il y a une belle plongée, dans le but de faire « rétrécir » le garçon, pour qu’il paraisse plus jeune et montrer à tous que cette guerre touche tout le monde, petits et grands. Les couleurs sont plutôt dans des tons froids que l’on pourrait assimiler, sur cette vignette, à la nuit. La vignette est « séparée » en deux parties : les phylactères sont d’un côté et l’enfant de l’autre. Ces phylactères ont une forme inhabituelle ils sont légèrement ondulés et l’un des deux sort à moitié de la vignette. Je suppose que le dessinateur a choisi cette forme pour montrer que les éléments des deux vignettes sont liés ; le phylactère les lie, comme un raccord son au cinéma. Et, comme les enfants ne veulent pas aller se coucher sans manger, le petit est désespéré. C’est la cause de sa tristesse. Les phylactères sont au présent de l’indicatif, c’est du présent d’actualité : « On fait quoi alors ?… », le « On » est inclusif et accentue donc l’effet de groupe, et les points de suspension servent à montrer son inquiétude, son appréhension, sur la suite des événements à venir.

Un exemple de planche de La Guerre des Lulus

Dans la vignette 7 de la page 40, on peut observer deux soldats de l’armée allemande fumer une cigarette au premier plan, tandis qu’en arrière plan, il y a l’ombre furtive de plusieurs personnages traversant l’image ; ceci laisse supposer que l’action principale se trouve en arrière plan. Alors que de premier abord, c’est le premier plan qui attire l’œil. En effet, à gauche, l’un des soldats fume une cigarette écoutant son camarade parler en allemand. Cette supposition nous amène à nous intéresser à l’image précédente ainsi qu’à l’image qui suit. On s’aperçoit que l’action complète se déroule en trois temps, sur les deux vignettes qui précèdent et suivent la vignette étudiée. La vignette est un plan de demi-ensemble, plaçant les personnages dans un décor cadré serré ; ce qui permet de mieux impliquer le lecteur. Le dessinateur utilise un angle neutre pour nous amener aux personnages d’arrière plan. La vignette a de la profondeur de champ mais l’œil s’arrête aux personnages se trouvant devant l’ombre d’un bâtiment qui vient fermer l’image. L’œil est obligé de s’arrêter aux héros. Même si la mâchoire ou le menton carré du premier soldat semble apporter à l’image des traits rustiques et anguleux ; l’ensemble de la vignette a plutôt des traits arrondis. Le dessinateur utilise des couleurs allant du bleu au vert en passant par le noir. Aucune couleur chaude n’est utilisée : nous sommes en pleine nuit. La couleur est là pour donner un aperçu de l’ambiance mystérieuse qui règne ; cela ne semble pas être une ambiance agréable. Sur cette vignette, le dessinateur accorde peu d’importance aux soldats, qui ne sont là que pour donner le change aux personnages d’arrière plan. On ne voit même pas le visage entier des deux soldats ; la grande partie des bustes et visages est hors champ. Le cadre rapproché ferme la perspective de droite à gauche. L’auteur utilise la langue allemande dans le phylactère pour marquer la différence entre eux, soldats de la première guerre du côté allemand, et les personnages d’arrière plan que l’on perçoit comme étant français. Ce qui nous fait dire cela est l’attitude des personnages d’arrière plan qui cherchent à dissimuler leur action des personnages du premier plan.

La vignette 2 de la page 41 décrit une vision qui semble assez puérile des deux soldats que nous remarquons en train de rire et qui n’ont pas perçu l’action des héros. Sur cette image, l’action se passe en premier plan. Il n’y a aucune action en arrière plan. On peut observer deux soldats allemands discutant en fumant, blaguant sur des choses sans importance pour le reste de l’histoire. On y retrouve toujours les mêmes couleurs sombres du bleu au vert en passant par le noir, mais qui n’indiquent là aucun mystère. Cette image n’est qu’informative et transitoire d’une action. C’est un plan américain ayant un angle de vue neutre. C’est un angle de vue peu ouvert et, si, à première vue, les personnages principaux semblent occuper tout l’espace, l’œil est vite attiré par ce monolithe sombre et noir, placé en arrière plan entre les deux personnages. La couleur verte de l’uniforme allemand fait un contraste avec la forme noire du monolithe. L’éclairage est faible et il y a peu de lumière. J’ai également pu remarquer que le phylactère se situant en haut de l’image occupe quasiment autant de place que celui en bas de l’image. Pourtant il y a très peu de texte : les lettres sont en gras avec une grosse police pour montrer que les soldats s’amusent et n’ont absolument pas vu les enfants passer. Le second phylactère est toujours écrit en allemand pour montrer à tous qu’ils sont réellement allemands et que les héros ne comprennent pas ce que les soldats racontent. Sans la traduction, si on n’est pas germanophone, on ne comprend pas, c’est ce que doivent ressentir les enfants et cela nous fait nous identifier à eux.

3. Réception, interprétation, mise en relation

Réception et Interprétation

Cette œuvre a été très bien reçue, elle a obtenu de nombreux prix, elle en comptait douze en 2015. Elle fait aussi partie des coups de cœurs dans plusieurs librairies. La Guerre des Lulus, c’est environ 200.000 albums déjà vendus en France avec les quatre premiers tomes. La BD est même utilisée dans les manuels scolaires pour apprendre l’histoire aux enfants.
Les trois vignettes que j’ai étudiées montrent les soldats en train de fumer et plaisanter nous apprennent que, malgré la guerre et l’horreur qui les entourent, ces soldats restent des personnes humaines avec des émotions. Les personnages sont représentés ainsi pour montrer que ce sont des humains et que, malgré ce massacre, ils le restent toujours. Ces vignettes montrent également que toute la population est touchée par la guerre ; les enfants comme les parents. Cela met en évidence que l’arrière est aussi impliqué dans ce massacre, que personne n’est à l’abri du danger et que n’importe qui peut être touché par cette guerre atroce.

Mises en relation

Les auteurs de cette séries ont également créé d’autres bandes dessinées totalement différentes telles que Un homme de joie de Régis HAUTIÈRE et David FRANÇOIS, Femme en résistance de Régis HAUTIÈRE, Francis LABOUTIQUE ou La crise, quelle crise ? Qui est un collectif de dix huit auteurs dont HARDOC. Mais j’ai remarqué qu’ils aimaient particulièrement les bandes dessinées historiques. Mais ce sont des bandes dessinées avec une histoire autour du fait historique. Certaines sont seulement des dessins représentant la guerre, sans narration particulière autour comme Carnet de *** . Il peut aussi y avoir des bandes dessinées purement fictives ou peu réalistes comme Lanfeust de Troyes mais il s’agit ici d’un fait réel, qui malgré les dessins éclatants nous touche, par un dessin est tout en rondeur et les teintes sont assez sombres mais attirantes. C’est un dégradé d’encre coloré avec des nuances réalistes mais adoucies.

Sur cette problématique de la représentation de la Première Guerre mondiale grâce à des fictions, les oeuvres abondent.
Pour les films : http://www.picardie1418.com/fr/approfondir/films-sur-la-grande-guerre-en-picardie.php
De nombreux films ont abordé la Première Guerre mondiale au fil des décennies, certains situant même le contexte de leur intrigue en Picardie. Qu’il s’agisse de films de fiction ou de documentaires, Picardie 14-18 vous invite à voir ou revoir ces films évoquant des sujets comme la Bataille de la Somme, les fusillés de 14 18, la vie en territoire occupé ou les disparus de la Grande Guerre.
La vie et rien d’autre ; Réalisateur : Bertrand Tavernier ; Acteurs : Philippe Noiret, Sabine Azéma, François Perrot, Michel Duchaussoy ; Année : 1989 – Durée : 135 minutes. Certainement le meilleur film sur la Grande Guerre, selon mon avis personnel. 1920, deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale, très certainement dans le Soissonnais, le commandant Dellaplane est chargé de recenser les soldats disparus.
La tranchée Titre original : The trench ; Réalisateur : William Boyd
Acteurs : Paul Nicholls, Daniel Craig, Danny Dyer ; Année : 1999 – Durée : 90 minutes

Films sur 14-18 en Picardie

Une sélection de BD sur La Grande Guerre : http://www.mediatheques-cccla.fr/page/ressources/parcours_thematiques/la-bd-raconte-la-grande-guerre
Nous avons étudié deux planches de C’était la guerre des tranchées de TARDI (1993)

En étude de texte, nous avons étudié CELINE un extrait du Voyage au bout de la nuit (1932) ou du Feu de Henri BARBUSSE (1916). Une page dédiée http://www.mediatheques-cccla.fr/page/ressources/parcours_thematiques/la-guerre-de-1914-1918-dans-la-fiction#romans

Avis personnel
L’histoire de
La Guerre des Lulus est enthousiasmante comme dans la série Seuls et on a hâte de voir comment vont s’en sortir ces 4 (puis 5) jeunes qui semblent de plus en plus sympathiques au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître. Mais il n’y a pas de morts ni de sang seulement quelques des bombardements qui ressemblent à des feux d’artifice. Je pensais que l’histoire serait plus entremêlée avec les faits historiques de la guerre et c’est dommage car j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur cette guerre à travers ce livre. Même si cela reste pas très rapproché de la guerre, le livre est vraiment plaisant. Surtout que les dessins sont jolis et que les dialogues sont assez drôles ; ils me font penser à la guerre des boutons. Les dessins et couleurs accentuent l’attrait de cette fabuleuse aventure. Les dialogues ne sont pas en reste puisque j’ai pu franchement m’amuser devant certaines répliques. Malgré ce fond de guerre, une belle amitié soude ces enfants et un courage à toute épreuve, j’ai hâte de lire le tome 2 dont les premières planches sont publiées à la fin de cet album pour nous donner un avant-goût de la suite des événements.

Juliette G. (3A, après correction)

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